#Live : BetiZFest Jour 2 – 10/04/2026

Rendez-vous annuel pour l’équipe de Sounding Shivers, le BetiZfest de Cambrai faisait son grand retour ce week-end, du 9 au 11 avril. Après deux éditions organisées début juin, le festival retrouve cette année son créneau habituel, avec une affiche alléchante. Au programme de ce vendredi 10 avril : Black Bomb A, Strike Anywhere, Insanity Alert, Aurore, Fragile et Oddism. On vous raconte.

Report et photos par Marye DAVENNE

English version below


Toujours au Palais des Grottes de Cambrai, ce premier jour payant du festival propose, comme à son habitude, de nombreux stands pour nous faire patienter entre chaque groupe. Cette année, ceux‑ci sont disposés de manière à créer une véritable séparation entre l’espace concerts et la zone exposition. Une configuration qui nous plaît plutôt pas mal. On y retrouve notamment les stands d’Heretik Magazine et Frozen Records, mais aussi le travail magnifique de Vade Retro et Arrache Toi Un Œil, ainsi que les superbes photos de Romain Ballez, qui ne cesse de se hisser parmi nos photographes de concert préférés.

La soirée s’ouvre avec les locaux d’Oddism, devant une salle encore un peu clairsemée, certains festivaliers sortent à peine du boulot. Qu’importe : le quatuor reste fidèle à lui-même et nous balance ses gros riffs ravageurs en pleine face. Valeur sûre de la scène des Hauts‑de‑France, Oddism continuent de nous impressionner avec son mathcore millimétré et l’énergie complètement folle qu’ils dégagent. Gio court partout sans jamais s’essouffler, allant même faire un tour dans la fosse pour lancer le premier circle pit du festival. Malgré un public encore peu nombreux, quelques festivaliers répondent déjà présents. Le groupe nous présente plusieurs titres de son superbe album With The White Tiger, sorti en 2023, joués avec rage et précision. Rien à dire : fans d’Oddism depuis de nombreuses années, c’est toujours un immense plaisir de les revoir en live. Vivement le prochain album !

Changement total d’ambiance avec les Angevins de Fragile. Ici, on laisse de côté le chant crié et les riffs saturés pour plonger dans un post‑punk aux influences shoegaze. Là encore, c’est une joie de les retrouver après plusieurs concerts marquants et surtout après avoir dévoré leur album Big Big Smile en fin d’année dernière. Plus calme que le set d’Oddism, certes, mais tout aussi intense. Le groupe bouge constamment sur scène, porté par des rythmiques qui font danser le public cambraisien et nous donnent des frissons, notamment lors de la sublime interprétation de « Wallflower « et de ses cris déchirants. Fragile prennent manifestement du plaisir à jouer, et cela se ressent. Une proposition qui sort un peu des habitudes de programmation du BetiZfest, pour notre plus grand bonheur.

Après cette parenthèse plus atmosphérique, il est temps de relancer la bagarre avec les Marseillais d’Aurore. Groupe coup de cœur de la rédaction, ne tournons pas autour du pot : ils sont la raison principale de notre venue ce jour‑là. Depuis la sortie de leur album Sparks en 2023, Aurore ne cessent de grandir et d’enchaîner les dates partout en France. Ce soir, ils se produisent en trio avec une seule idée en tête : tout retourner. Dès le premier morceau, Clément harangue le public pendant qu’Ugo martyrise sa batterie. Impossible de nier leur efficacité : le metalcore du groupe frappe fort, et Maxime ne lésine pas sur les riffs impressionnants. Les breakdowns sont ravageurs, taillés pour être scandés à pleins poumons. Le set passe à une vitesse folle et, malgré la formation réduite, Aurore occupent parfaitement l’espace et livre un show d’excellente qualité.

Place ensuite aux Autrichiens d’Insanity Alert. Habitués du BetiZfest, ils voient la salle se remplir rapidement pour leur set très attendu. Souvenirs de 2023 obligent, on sait déjà que le moment s’annonce haut en couleur. Kevin « Heavy Kevy » Stout prend la parole dans un franglais approximatif, évoquant cocaïne, bières et fête, après « 1644 jours de français sur Duolingo » c’est lui qui le dit. Le pit s’embrase quasi instantanément et les premiers slammeurs du festival font leur apparition. Avec leur thrash crossover ultra efficace, difficile de ne pas se laisser emporter. Ici, l’objectif est clair : faire la fête. Il suffit de crier « bière » pour déclencher une clameur générale. Insanity Alert enchaînent les pancartes aux titres de chansons, slogans incitant au pogo ou blagues du type « Oubliez Macron, pensez Picon ». Ils feront même monter un enfant sur scène pour agiter les pancartes en rythme. Un set fun et redoutablement efficace, même si, de notre côté, le style reste loin de nos préférences.

Place ensuite aux Américains de Strike Anywhere, et à leur punk rock engagé et efficace. Véritables figures emblématiques outre‑Atlantique, le groupe reste pourtant assez confidentiel en France, ce qui explique notre surprise, mais aussi notre curiosité, de les voir à l’affiche. Pour une bonne partie du public, il s’agit d’ailleurs d’une découverte. En forme, Strike Anywhere enchaînent les riffs typiquement punk rock, évoquant tour à tour Rise Against, NOFX ou encore Pennywise. Le son leur fera parfois défaut, sans jamais entacher l’énergie déployée sur scène. Une avancée installée en plein milieu du pit photo donnera même à Thomas Barnett l’occasion de chanter au plus près du public, notamment avec un premier rang composé de quelques fans avertis. Les morceaux, très politisés, restent souvent centrés sur les problématiques américaines, mais l’intensité et la sincérité de la prestation font mouche. Une belle découverte, qui gagnerait encore en impact face à une salle entièrement acquise à leur cause.

Ce vendredi 10 avril se conclut avec les Français de Black Bomb A. Inutile de les présenter : véritables légendes du punk hardcore français, ils prouvent une fois encore pourquoi leur statut est amplement mérité. Arno et Poun au chant impressionnent dès les premières secondes par la versatilité de leurs voix. Le public, toujours aussi survolté, connaît les paroles sur le bout des doigts, pas étonnant quand on sait que la formation est du Nord de la France. Les pogos se lancent naturellement dans une foule totalement acquise à leur cause. Impossible pour la foule de rester de marbre devant la prestation de la formation qui reste fidèle à l’énergie qu’on lui connait. Snake à la guitare, Jordan à la batterie et Etienne à la basse ne sont pas en reste et donne tout au long du set le meilleur du crossover hardcore punk de la formation. Un concert d’une efficacité redoutable, et une manière parfaite de clôturer cette première journée de festival.

Merci à François pour l’accréditation, et à toute l’équipe du BetiZfest pour cette première journée réussie. On se retrouve demain pour la suite


A regular fixture for the Sounding Shivers team, Cambrai’s BetiZfest made its grand return this weekend, from 9 to 11 April. After two editions held in early June, the festival is back in its usual slot this year, with a mouth-watering line-up. On the programme for Friday 10 April: Black Bomb A, Strike Anywhere, Insanity Alert, Aurore, Fragile and Oddism. We’ll tell you all about it.

Review and pictures by Marye DAVENNE

Still at the Palais des Grottes in Cambrai, this first ticketed day of the festival offers, as usual, plenty of stalls to keep us entertained between sets. This year, they’re arranged in such a way as to create a clear separation between the concert area and the exhibition zone. It’s a layout we rather like. Among the stands are those of Heretik Magazine and Frozen Records, as well as the magnificent work of Vade Retro and Arrache Toi Un Œil, and the superb photos by Romain Ballez, who continues to rank among our favourite concert photographers.

The evening kicks off with local band Oddism, playing to a venue that’s still a bit sparse, as some festival-goers have only just finished work. Never mind: the quartet stays true to form and throws their massive, devastating riffs right in our faces. A mainstay of the Hauts-de-France scene, Oddism continue to impress us with their precision-engineered mathcore and the utterly mad energy they exude. Gio runs all over the place without ever running out of breath, even popping down into the pit to kick off the festival’s first circle pit. Despite the still-sparse crowd, a few festival-goers are already getting into the swing of things. The band treated us to several tracks from their superb album With The White Tiger, released in 2023, played with fury and precision. Nothing more to say: as long-time Oddism fans, it’s always a massive pleasure to see them live again. Can’t wait for the next album!

A complete change of atmosphere with Angers-based band Fragile. Here, we leave behind the shouted vocals and distorted riffs to dive into a shoegaze-influenced post-punk sound. Once again, it’s a joy to see them again after several memorable gigs and, above all, after devouring their album Big Big Smile late last year. Calmer than Oddism’s set, certainly, but just as intense. The band are constantly on the move on stage, driven by rhythms that get the Cambrai crowd dancing and send shivers down our spines, particularly during the sublime rendition of “Wallflower” and its heart-wrenching screams. Fragile are clearly enjoying themselves, and it shows. A performance that strays slightly from BetiZfest’s usual line-up, much to our delight.

After this more atmospheric interlude, it’s time to get the party started again with Aurore from Marseille. They’re the editorial team’s favourite band – let’s not beat about the bush: they’re the main reason we’re here today. Since the release of their album Sparks in 2023, Aurore have gone from strength to strength, playing gigs all over France. Tonight, they’re performing as a trio with just one thing in mind: to tear the place apart. From the very first track, Clément harangues the crowd whilst Ugo tears into his drums. There’s no denying their impact: the band’s metalcore hits hard, and Maxime doesn’t hold back on the impressive riffs. The breakdowns are devastating, tailor-made to be chanted at the top of your lungs. The set flies by at breakneck speed and, despite the reduced line-up, Aurore fill the space perfectly and deliver a top-notch show.

Next up are the Austrian band Insanity Alert. Regulars at BetiZfest, they watch the venue fill up quickly for their eagerly awaited set. Given the memories of 2023, we already know it’s going to be a colourful affair. Kevin ‘Heavy Kevy’ Stout takes the mic in broken Franglais, mentioning cocaine, beer and partying, after ‘1,644 days of French on Duolingo’ – his own words. The pit erupts almost instantly and the festival’s first mosh pit participants make their appearance. With their ultra-effective thrash crossover, it’s hard not to get carried away. Here, the aim is clear: to party. All you have to do is shout “beer” to trigger a general roar. Insanity Alert hold up a succession of placards bearing song titles, slogans encouraging the mosh pit, or jokes like “Forget Macron, think Picon”. They even bring a child on stage to wave the placards in time to the beat. A fun and incredibly effective set, even if, for our part, the style is far from our preferences.

Next up are the American band Strike Anywhere, with their socially conscious and high-energy punk rock. Although they are true icons across the Atlantic, the band remains relatively unknown in France, which explains our surprise – but also our curiosity – at seeing them on the line-up. For a large part of the audience, this is actually a new discovery. In fine form, Strike Anywhere deliver a succession of classic punk rock riffs, evoking in turn Rise Against, NOFX and even Pennywise. The sound lets them down at times, though this never dampens the energy they bring to the stage. A stage extension set right in the middle of the photo pit even gave Thomas Barnett the chance to sing as close as possible to the audience, particularly with a front row made up of a few die-hard fans. The songs, highly political, often focus on American issues, but the intensity and sincerity of the performance hit the mark. A great discovery, which would have even greater impact in front of a venue entirely won over to their cause.

This Friday, April 10th, wraps up with the French band Black Bomb A. No need to introduce them: true legends of French hardcore punk, they prove once again why their status is richly deserved. Arno and Poun on vocals impress from the very first seconds with the versatility of their voices. The crowd, as hyped up as ever, knows the lyrics off by heart, hardly surprising given that the band hails from the north of France. The mosh pits spring up naturally amongst a crowd completely won over to their cause. It’s impossible for the crowd to remain unmoved by the band’s performance, which remains true to the energy we’ve come to expect from them. Snake on guitar, Jordan on drums and Etienne on bass are no slouches either, delivering the band’s finest crossover hardcore punk throughout the set. A concert of formidable impact, and the perfect way to round off this first day of the festival.

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