#Live : Knives + The 113 @ Le Grand Mix, Tourcoing – 12/04/2026

Comme un rendez-vous annuel devenu incontournable, Knives étaient de passage une nouvelle fois dans la métropole lilloise. Avec le souvenir encore brûlant de leurs deux derniers passages à l’Aéronef, on savait déjà que la soirée serait intense. Cette fois-ci, c’est au Grand Mix de Tourcoing que le rendez-vous était donné, ce 12 avril, pour une date qui s’annonçait puissante, épaulée par The 113 en ouverture.

Article par Marye DAVENNE

Photos par Zo’

English version below


Il est à peine 18h30 lorsque les lumières s’éteignent (oui, les concerts du dimanche ont parfois du bon). The 113 entrent en scène, et on reconnaît rapidement deux musiciens de Fossick, que l’on avait découverts à La Bulle Café en octobre dernier. Le quatuor propose un post-punk made in England, et qui de mieux que nos amis d’outre-Manche pour rappeler que le post-punk est peut-être bien le nouveau rock’n’roll. Avec une énergie débordante, le groupe nous embarque dans un set où la basse est reine, soutenue par un chant volontairement brut, sans fioritures ni prétention. Ce post-punk à tendance noisy est solide sur ses appuis, tendu mais jamais rigide, et surtout porté par un charisme évident. Une entrée en matière efficace qui met déjà le public en condition.

 

Pour Knives, la scène se fait nettement plus chargée : ils sont six, et cette configuration promet une richesse sonore immédiate. Le groupe est prêt à tout donner et le public également. Il ne faudra attendre que le deuxième morceau pour voir la fosse entrer en ébullition et lancer un wall of death. Pourtant, on est loin d’un son métal au sens strict. Knives réussissent ce tour de force rare : faire le lien parfait entre l’urgence du post-punk et la violence du punk hardcore. Les influences se bousculent, et la présence d’un saxophone apporte une touche d’originalité bienvenue, donnant à leur musique une identité franchement hors normes. Les slams se multiplient, les musiciens n’hésitent pas à plonger dans la foule, et la connexion avec le public est totale. Même lorsqu’un membre du groupe perd son in-ear monitor, déclenchant une recherche collective dans le public, les autres improvisent un moment jazzy et suspendu, le temps que tout rentre dans l’ordre.

La fosse connaît les paroles, ça chante à pleins poumons entre deux respirations nécessaires pour reprendre des forces. Le groupe ne cache pas sa joie et nous lâche un magnifique : “Lille, you keep proving why you’re the best city in France.” (traduisez “Lille, vous continuez de nous prouver pourquoi vous êtes la meilleure ville de France.”). Le set est cathartique, puisant jusqu’aux dernières réserves d’énergie pour terminer le week-end en beauté. On est impressionné par la façon dont les musiciens se regardent, sourient et communiquent en permanence. Ils sont clairement très proches, pleinement connectés, et on sent qu’ils vivent un moment aussi intense que le public.

Musicalement, c’est impeccable. Un véritable rouleau compresseur, qui écrase tout sur son passage sans jamais perdre en précision. Le micro circule de main en main, chaque musicien prenant le chant à tour de rôle pendant que les autres jouent avec leurs câbles comme des lassos de cowboys, toujours en mouvement, toujours en danse. Vu l’énergie dégagée, une scène plus grande leur aurait sans aucun doute permis d’envoyer quelques two-step bien sentis. C’est beau, puissant, et viscéralement vivant pour un set remarquable. On adore Knives en live, et clairement, on ne manque aucun de leurs passages par ici. Si ce n’est pas encore fait, ne manquez pas également leurs albums studios, vous allez vous régaler.

Un grand merci à Vincent pour les accréditations, au Grand Mix pour l’organisation de cette belle soirée.


As an annual event that has become a must-see, Knives were back once again in the Lille area. With the memory of their last two appearances at L’Aéronef still fresh in our minds, we already knew the evening would be intense. This time, the venue was Le Grand Mix in Tourcoing on 12 April, for a gig that promised to be powerful, with The 113 as the support act.

Review by Marye DAVENNE

Pictures by Zo’

It’s barely 6.30 pm when the lights go down (yes, Sunday gigs do have their perks). The 113 take to the stage, and we quickly recognise two musicians from Fossick, whom we discovered at La Bulle Café last October. The quartet deliver a brand of post-punk made in England, and who better than our friends from across the Channel to remind us that post-punk might well be the new rock ’n’ roll. With boundless energy, the band takes us on a journey through a set where the bass reigns supreme, backed by deliberately raw vocals, free of frills or pretension. This noisy-leaning post-punk is solidly grounded, taut but never rigid, and above all driven by undeniable charisma. An effective opener that already gets the crowd in the mood.

For Knives, the stage is noticeably more crowded: there are six of them, and this line-up promises an immediate richness of sound. The band is ready to give it their all, and so is the crowd. It takes just the second track for the pit to go wild and start a wall of death. Yet this is far from a metal sound in the strictest sense. Knives pull off a rare feat: striking the perfect balance between the urgency of post-punk and the violence of hardcore punk. Influences jostle for position, and the presence of a saxophone adds a welcome touch of originality, giving their music a truly unique identity. The mosh pits multiply, the musicians don’t hesitate to dive into the crowd, and the connection with the audience is total. Even when a band member loses his in-ear monitor, triggering a collective search through the crowd, the others improvise a jazzy, suspended moment whilst everything gets back to normal.

The crowd knows the lyrics by heart, singing at the top of their lungs between the occasional breath needed to catch their breath. The band makes no secret of their joy and treats us to a magnificent: “Lille, you keep proving why you’re the best city in France.” The set is cathartic, drawing on every last reserve of energy to round off the weekend in style. We’re impressed by the way the musicians look at one another, smile and communicate constantly. They’re clearly very close, fully in tune, and you can sense they’re experiencing a moment just as intense as the audience.

Musically, it’s flawless. A veritable steamroller, crushing everything in its path without ever losing precision. The microphone passes from hand to hand, each musician taking the lead vocals in turn whilst the others play with their cables like cowboy lassos, always on the move, always dancing. Given the energy on display, a bigger stage would undoubtedly have allowed them to throw in a few well-timed two-steps. It’s beautiful, powerful, and viscerally alive – a remarkable set. We love Knives live, and clearly, we never miss any of their gigs round here. If you haven’t already, don’t miss their studio albums either – you’re in for a treat.

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