#Album : No Vale Nada – Quidam (05/06/2026)

C’est un grand retour que nous offre No Vale Nada en ce 5 juin. Leur dernier album remontait à avant la pandémie mondiale, et l’attente valait largement le coup. Avec ce troisième opus intitulé Quidam, les Français reviennent plus incisifs que jamais, livrant un post-hardcore aussi agressif qu’expérimental. Un disque ambitieux, prêt à bousculer les habitudes, qui sortira via Itawak Records, Vox Project, Araki Records et Ace Of Wands Records.

Article par Marye DAVENNE

English version below


Dès l’ouverture, « Sans Contact » installe une atmosphère étrange et presque anxiogène. Il y a dans cette guitare quelque chose de profondément inquiétant, qui évoque par moments une froideur black métal inattendue, comme une brume sonore qui s’installe progressivement. Le morceau éponyme, « Quidam », frappe immédiatement : une déflagration brute, rapide et violente, qui lorgne du côté du mathcore. Ici, pas de détour, ça fracasse sans prévenir, avec une précision chirurgicale. Avec « Les deux-tiers », le groupe joue davantage sur les contrastes. Les rythmes se tordent, se déstructurent, tandis qu’une mélodie parvient malgré tout à émerger au milieu d’une batterie déchaînée. Le cri rageur d’“Imposteur” martelé à répétition agit comme un exutoire, avant une montée en intensité bouleversante qui culmine dans un final puissant, presque screamo dans l’âme.

Cette influence se confirme sur « Sortie d’affaire », véritable étendard du genre. Le morceau nous entraîne dans un tourbillon chaotique, où tout s’accélère progressivement. L’intensité est telle qu’elle donne l’impression de manquer d’air, comme si l’auditeur était pris dans une spirale incontrôlable. « 03 » agit comme une respiration, un interlude cohérent dans la continuité des « 01 » et « 02 » présents sur les albums précédents. Une transition presque conceptuelle qui renforce la cohésion globale de leur discographie.

Avec « Sombre héros », No Vale Nada proposent une structure en plusieurs temps. Une première phase chaotique ouvre le bal, rapidement rejointe par un passage plus mélodique et dynamique, avant un break plus apaisé qui vient casser le rythme et installer une tension latente. Puis vient « Un Culte », sans doute l’un des morceaux les plus fascinants du disque. L’intro évoque l’urgence du punk, portée par une batterie effrénée, avant de basculer dans un véritable laboratoire sonore. Le groupe triture ses effets, expérimente, crée des textures presque dérangeantes. Le chant, lui, reste posé dans sa puissance : lent, pesé, chaque mot est arraché dans l’effort. Seulement 55 mots pour près de quatre minutes de chant, comme suspendus entre deux respirations. Le tout se termine dans une longue dérive sonore métamorphique, troublante et hypnotique. Cette transition nous mène naturellement à « Imaginaire trouble », une pièce aussi courte dans ses paroles (six mots) que dense dans son atmosphère. Pendant près de quatre minutes, le morceau construit une vision presque horrifique, entre contemplation et malaise. On y perçoit l’image d’une créature en mutation, peut-être nous-mêmes, avançant lentement vers une menace inévitable. Enfin, « Consommer les rituels » vient conclure ce voyage avec une intensité collective. Les voix se superposent, se répondent, répétant “Sans cesse ressassées” dans une montée en tension saisissante. Le morceau développe des nuances post-rock, étirant l’émotion jusqu’à un climax aussi envoûtant que libérateur.

Avec Quidam, No Vale Nada signent un retour entre violence brute et expérimentations audacieuses. L’album trace une ligne instable mais captivante, où chaque morceau semble repousser un peu plus les limites du genre. Une œuvre exigeante, parfois déroutante et surtout, impossible à ignorer.

Tracklist :

  1. Intro
  2. Sans Contact
  3. Quidam
  4. Les deux-tiers
  5. Sortie d’affaire
  6. 03
  7. Sombre héros
  8. Un Culte
  9. Imaginaire trouble
  10. Consommer les rituels

 


No Vale Nada are making a grand return on June 5th. Their last album was released before the global pandemic, and the wait has certainly been worth it. With this third album, entitled Quidam, the French band are back with more bite than ever, delivering a sound that is as aggressive as it is experimental. An ambitious record, set to shake things up, which will be released via Itawak Records, Vox Project, Araki Records and Ace Of Wands Records.

by Marye DAVENNE

Right from the opening bars, ‘Sans Contact’ establishes a strange, almost anxiety-inducing atmosphere. There is something deeply unsettling about the guitar, which at times evokes an unexpected black metal chill, like a sonic mist that gradually settles in. The title track, “Quidam”, hits you straight away: a raw, fast and violent explosion, with a nod to mathcore. Here, there’s no beating about the bush; it smashes in without warning, with surgical precision. With “Les deux-tiers”, the band plays more on contrasts. The rhythms twist and unravel, whilst a melody nevertheless manages to emerge amidst the raging drums. The furious, hammered-home cry of “Imposteur” acts as an outlet, before a heart-wrenching build-up that culminates in a powerful finale, almost screamo at its core.

This influence is evident on ‘Sortie d’affaire’, a true flagship of the genre. The track sweeps us into a chaotic whirlwind, where everything gradually picks up speed. The intensity is such that it leaves you feeling breathless, as if the listener were caught in an uncontrollable spiral. “03” acts as a breather, a coherent interlude following on from “01” and “02” on previous albums. An almost conceptual transition that reinforces the overall cohesion of their discography.

With ‘Sombre héros’, No Vale Nada present a multi-part structure. A chaotic opening sets the tone, quickly giving way to a more melodic and dynamic section, before a calmer break interrupts the rhythm and builds a sense of underlying tension. Next comes ‘Un Culte’, undoubtedly one of the most fascinating tracks on the album. The intro evokes the urgency of punk, driven by frenzied drums, before shifting into a veritable sound laboratory. The band tweaks its effects, experiments, and creates almost unsettling textures. The vocals, meanwhile, remain poised in their power: slow, measured, each word wrung out with effort. Just 55 words for nearly four minutes of singing, as if suspended between two breaths. It all ends in a long, metamorphic drift of sound, unsettling and hypnotic. This transition leads us naturally to “Imaginaire trouble”, a track as short in its lyrics (six words) as it is dense in its atmosphere. For nearly four minutes, the track builds an almost horrific vision, somewhere between contemplation and unease. We perceive the image of a mutating creature—perhaps ourselves—slowly advancing towards an inevitable threat. Finally, “Consommer les rituels” brings this journey to a close with a collective intensity. The voices layer upon one another, echoing each other, repeating “Sans cesse ressassées” in a gripping build-up of tension. The track develops post-rock nuances, stretching the emotion to a climax that is as spellbinding as it is liberating.

With Quidam, No Vale Nada mark a comeback that straddles raw violence and daring experimentation. The album treads an unstable yet captivating line, with each track seeming to push the boundaries of the genre a little further. It is a demanding work, at times disorienting, and above all, impossible to ignore.

 

 

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