À quelques jours de leur passage au Rock in Bourlon, Moundrag reviennent sur une actualité bien chargée. Tout juste rentrés d’une tournée en Espagne et au Portugal, le duo évoque cette parenthèse intense sur la route, mais aussi l’impact des grosses scènes récentes de Deep Purple au Motocultor sur leur parcours. L’occasion également de parler de Deux, leur dernier album, à la fois intime, engagé et profondément ancré entre héritage seventies et modernité. Entre identité artistique, énergie live et évolution au sein de la scène actuelle, les frères Goellaën Duvivier de Moundrag se livrent sans détour lors de cet interview faite juste avant leur passage à Petit Bain.
par Marye Davenne et Victor Brunerie
Crédit photo : Marye Davenne
English version below
Marye : Du coup, pour commencer, vous revenez d’une grosse tournée en Espagne et au Portugal, ça fait quoi d’être de retour en France ? Et comment s’est passé cette tournée?
Colin : Ah, ça fait bizarre d’être de retour en France. Parce qu’on était un peu coupé du monde quoi. Et quand on a passé la frontière et qu’on a vu le gasoil à 2 balles, on s’est dit « ah, il s’est peut être passé un truc » et c’était un peu bizarre. Donc ouais, parce qu’on était aussi en t-shirt et tout quoi. Parce qu’on a beaucoup tourné aussi dans le sud de l’Espagne, en Andalousie, donc il faisait hyper beau et là on arrive, il pleut, c’est la guerre et tout, ça fait un peu bizarre, la redescente.
Camille : La tournée, c’était cool, c’était mortel.
Colin : Ouais, vraiment super. On a rencontré plein de nouveaux personnes, on a on a rencontré plein de nouveaux fans, on a joué dans des endroits qu’on avait jamais joué encore. On a rencontré des nouveaux groupes, tu vois, on a fait une super soirée à Porto avec Mad Mess. Un groupe de Porto, du coup, qui fait une espèce de Doom, c’était trop bien. Et puis, on a revu des potes qu’on s’était fait avant, donc très bien. On est un peu fatigué, mais c’est de la bonne fatigue.
Victor : On disait, c’est quand même pas mal. Une quinzaine de dates dans un autre pays que la France, ça montre qu’y a de l’envie aussi ailleurs.
Camille : Ouais, après, tu vois, là, c’était la 4e ou 5e tournée qu’on faisait en Espagne parce que ça fait quelques années maintenant qu’on a des, on va dire, des collègues forts là-bas, quoi, des partenaires forts. Et en fait, on avait décidé de faire cette tournée parce qu’en fait on a un label qui est espagnol, du coup basé en Andalousie, qui s’appelle Spinda Record. Avec un super catalogue de stoner psychédélique, tout ça. Et puis lui, du coup, il fait aussi du booking et on lui avait dit : « mais en fait, vas-y, tu fais label et à la sortie de l’album, tu nous fais une tournée grosse tournée Espagne-Portugal pour bien enfoncer le clou? ». C’est pour ça qu’on l’a fait et il y a eu pas mal, beaucoup de concerts, du coup, c’était chouette. Tu vois, c’était long, éprouvant, mais comme toutes les tournées. Voilà, ça dépend parce que tu vois, en France ça fonctionne beaucoup, tu as 4 jours dans la semaine maximum, du genre jeudi, vendredi, samedi, dimanche. quoi. Et c’est vrai que c’est beaucoup les groupes étrangers qui, quand ils partent en tournée,ils partent pendant un mois, parfois ils se mettent des congés. C’est vrai que pour un groupe français, on n’a pas souvent l’habitude de faire ça, et ben c’est vrai qu’on a un peu de la chance quand même de pouvoir partir pendant un mois vraiment sur la route.
Colin : Et se déconnecter, quoi.
Camille : Et se déconnecter, faire vraiment ce pourquoi on est fait, de la musique!
Victor : Depuis quelques temps, vous avez déjà fait quand même pas mal de belles scènes. Vous avez fait le Motocultor, vous avez fait 2 premières parties de Deep Purple….
Camille : Ouais, carrément, c’est des trucs assez costaux.
Victor : Et même une session KEXP y a un peu plus de temps. Ça vous a apporté quoi toutes ces opportunités là ?
Colin : Ouais, bah c’est tout le temps bien parce que tu te fais des nouveaux fans et du coup y a des nouveaux gens qui te voient. Tu as des programmateurs qui disent « Ah ouais, mais c’est vrai que je les avais vus au Motocultor ou vas-y, j’ai découvert un groupe sur KEXP. Ah, c’est des Français! …. » Et pour nous, bah Deep Purple, ça permet aussi de nous mettre une crédibilité énorme. Parce que tu sais, genre quand on a commencé Moundrag, les gens ils nous envoyaient, enfin les guitaristes en général, à la fin des concerts, ils nous envoyaient des messages pour nous dire « Ouais, bah moi je suis guitariste, si ça vous dit on fait un revival de Deep Purple et tout ça, on était bah non, c’est pas trop le projet quoi. Et depuis qu’on a fait 2 fois la première partie de Deep Purple, adoubé par Deep Purple, on nous laisse un peu plus peinards maintenant pour faire des tributes de Deep Purple.
Camille : Et c’est vrai que les festivals, enfin par exemple le Motocultor ou bien même les 2 fois qu’on a fait Deep Purple, c’est des jauges immenses. Enfin, des milliers de personnes devant nous qui sont pas forcément là pour venir t’écouter parce que ils sont là pour les groupes d’avant et groupes d’après. Pour Deep Purple, les gens, ils étaient clairement là pour Deep Purple. Et c’est aussi des scènes immenses, quoi, où tu sais, nous on joue toujours face à face, on essaye d’être toujours le plus proche, mais c’est à dire que quand nous on est au milieu de la scène, derrière nous, il y a encore 15 m de chaque côté qui est vide. Et après, bah voilà, le truc c’est que nous on est en mode bon bah vas-y, c’est comme si on était dans un bar, enfin c’est la même chose, c’est juste que là c’est devant 10000 personnes, et ce qui a été génial, c’est que ça s’est bien passé. Et du coup, ça veut dire que même au fond de nous, on est en mode c’est cool. Il y a une petite confiance en soi qui se crée et on est capable de le faire.
Colin : On fait le même concert pour 15 personnes que pour 5000, 1000, 7000. Comme nous en fait, on a commencé à jouer dans les bars et dans les clubs, tu vois, bah on garde cette identité là quoi, tu vois genre on se donne tout le temps à fond, qu’il n’y ait pas beaucoup de personnes ou un public énorme, ça fait vraiment partie de notre identité.
Camille : Bien sûr, faut se donner tout le temps, faut décevoir personne. C’est à dire que les gens qui découvrent pour la première fois, ils vont dire « attends les gars, ils envoient » et que les gens qui viennent te voir au bout de la quinzaine fois, ils se disent « ils ont pas perdu le truc »
Marye : Mais du coup, vous avez la même énergie, est ce que vous ressentez la même énergie provenant du public?
Camille : Bah, ça dépend.
Colin : Quand il y a beaucoup de monde, c’est plus grisant parce que quand les gens applaudissent, ça fait vraiment très fort. Mais des fois, il y a 15 personnes dans la salle et c’est le feu aussi. Donc ça dépend vraiment du public.
Camille : Tu vois, hier, par exemple, on était à Mulhouse pour un concert. Fin de semaine, très tôt, c’était gratuit, et les gens ils viennent et si ils aiment pas, ils s’en foutent quoi tu vois ? Du coup c’était une autre ambiance parce que par exemple en Espagne, tous les soirs c’était le feu, parce que les gens ils venaient nous voir. Là hier, il y avait des gens qui étaient venus nous voir, mais c’était tranquille, c’est les mercredis soirs, du coup les gens ils étaient à l’écoute, ils ont bien aimé, mais tu sais il y avait pas cette fougue que parfois le public peut avoir.
Marye : En octobre dernier, vous avez sorti votre album Deux. J’ai envie de dire, c’est un peu un album assez intime parce que si j’ai bien compris, il y a vos parents qui sont dedans. Vous êtes entourés de vos amis de Komodor pour l’enregistrement. Je sais pas si intime c’est le mot, mais on ressent ça en tout cas
Camille : C’est la famille, donc oui c’est carrément intime. Oui, parce que dans tous les cas, un album, je pense, c’est forcément intime à partir du moment où on dit des choses personnelles dans les morceaux. C’est vraiment notre vision des choses et encore plus c’est vrai que quand on a dit à nos parents de venir jouer sur le dernier morceau, c’est vrai que ça, même à chaque fois où on l’écoute, ça met les poils. C’est la famille jouant ensemble avec ça. quoi. Mais oui, on a vraiment voulu faire cet album 100% en Bretagne, avec nos copains, les proches, voilà. C’était un choix qu’on a fait. Peut-être le prochain, on le fera dans un studio à Los Angeles, où la famille sera très loin.
Victor : Et puis vous l’avez masterisé avec Hans Olsen qui est connu pour le son travail de l’analogique. Qu’est ce que ça vous a apporté?
Colin : Il a un beau pedigree, mais déjà il est bossé avec énormément d’artistes qu’on aime. Et du coup, le mastering c’est un truc tout le temps un peu obscur pour nous, quoi, parce qu’on comprend le mixage et tout, mais le mastering c’est vraiment obscur. Donc on sait globalement, que c’est pour aller sur les vinyles et sur les plateformes et les CD, et après genre ce qui se passe dans la cabine, c’est absolument rien du tout. Et lui en fait, ce qu’on aime bien dans son boulot, c’est que tous les albums qu’on aime bien, bah c’est lui qui les a masterisé en général. Donc on s’est dit « bah si il nous masterise, ça veut dire que ça va être bien ». Et c’est plutôt pas mal.
Camille : On avait déjà bossé avec lui sur Komodrag. Du coup, enfin le projet qu’on a avec Komodor, il avait masterisé l’album, on avait kiffé le mec On aimait bien le son, donc c’est parti quoi.
Marye : Claire, votre attachée de presse dans le communiqué de votre album, elle utilise ces mots « Cet album c’est pour foutre en l’air les carcans patriarcaux…
Camille : Ouais, ça marche vraiment sur, on va dire, deux chansons. Sur une chanson qui s’appelle « Changes » et on va dire « Caveman ». C’est un peu le bras d’honneur à toute cette société qui a été bâtie autour de la fraternité, alors que il y a pas que des frères, il y a aussi des sœurs et pas que. Donc c’est pour ça, c’est histoire de se remettre un peu au goût du jour. Tu vois, on est en 2026, on fait du rock seventies, mais dans les années 70, c’est le début, on va dire, de l’émancipation des sexes, de la femme et tout. Et je pense que le combat il est toujours plus vrai actuellement, surtout qu’il y a de plus en plus de gros mouvements mascus. Donc en fait, c’est aussi un bras d’honneur pour dire que faut continuer le combat quoi qu’il arrive!
Marye : Ce combat, il est un peu crié haut et fort, surtout par les scènes très punk et pourtant, comme tu l’as dit, c’est la base dans les années 70.
Camille : Mais c’est tout ce qui est libération et dans les groupes qu’on aime, ils parlent pas forcément de ça, tu vois, genre les Led Zeppelin, ils parlaient pas du tout de ça. Ils parlaient plutôt de leurs histoires de cul justement.
Colin : Et du coup je trouve que c’est bien d’avoir des messages aussi actuels et des messages engagés. Je trouve que c’est important.
Marye : Dans le rock 70s, on a aussi pas mal de morceaux assez instrumentaux, est-ce que pour vous, c’est important d’avoir des paroles ?
Camille : Qu’il y ait un message en fait, le truc c’est que en anglais, on va dire, ce qui fait que n’importe où sur la planète, les gens ils vont écouter les paroles mais au moins directement le message il est clair. Chanter en anglais, c’était une façon de dire « comme ça les gens ils voient de quoi on veut parler et puis si ils ne se retrouvent pas dans nos paroles, mais au moins nous, on est carré dans ce qu’on fait ». Enfin, ouais, et je pense que c’est important quand même de d’avoir quand même des choses à dire, on va dire.
Victor : L’album, il est sorti depuis octobre dernier, de manière général, quels ont été les retours depuis sa sortie ?
Colin : Bah là, on en represse, donc c’est bon signe quoi, donc c’est cool. On en a écoulé 1000 depuis le début, donc on en refait d’autres et les gens l’aiment bien, tu vois, et en live ça marche plutôt bien, donc on est assez content du 2e album. Le premier était plus intime encore que le 2e parce que genre les premiers albums en général tu mets toutes tes influences, tu joues le plus vite possible et puis t’en mets le plus, tu vois. Et là, le 2e, on a plus bossé pour laisser de la place pour tout le monde, pour mettre plus l’accent sur la mélodie.
Marye : Et en plus, j’ai l’impression qu’il y a eu une grosse couverture média quand même, parce que je vous ait vu partout sur mes réseaux dans mon fil d’actualité.
Camille : Ce qui a été génial. Pour un peu faire la comparaison avec le premier album qui est vraiment très resté français parce que c’était un label français attaché presse français. Mais on s’est dit sur le 2e album, on prend 2 labels de la niche vraiment underground, dans le psychédélique, en Espagne et en Angleterre. Du coup, on bosse avec Claire qui a surtout un réseau européen et mondial dans une niche bien ciblée. On ne fait pas vraiment du métal, ce qui fait que oui c’est un peu original. On se demandait vraiment ce que les médias pensaient d’un groupe comme nous, tu sais, y a pas de guitare, y a pas de basse, dans un style seventies mais parfois avec des gros riffs et du gros son. Ce qui fait que je pense que il y a plein de médias qui s’attendaient pas à nous voir.
Colin : Avec une pochette d’album un petit peu fantastique et tout ça.
Camille : Donc du coup forcément la couverture média, elle était carrément bien réussie sur cet album là.
Colin : On t’embrasse Claire!
Marye : Pour rebondir sur la pochette, elle a été faite par Justina Koziczak, artiste polonaise.
Camille : Ouais, ça c’est génial ça, parce qu’en fait on savait pas du tout quoi prendre. C’est elle qui nous avait envoyé un message quand on était en studio. Un message en mode je bosse avec des groupes, nous on voit ce qu’elle fait, on se dit mais C’est génial.
Colin : Ouais, c’était vraiment providentiel, quoi, genre on savait pas du tout quoi mettre et genre là elle nous envoie un message avec son portfolio, on voit cette pochette, on lui dit bah vas-y, cette toile est-ce que c’est dispo ? Elle nous réponds « ouais pas de soucis »
Marye : Du coup vous avez pioché dans son portfolio en faite
Camille : Oui, on a pioché dans ce qu’elle avait fait et en fait, ça nous a influencé pour créer une chanson qui du coup s’est retrouvée dans l’album, ça s’appelle Limbo.
Marye : Le lien avec le cercle de l’enfer, Dante et tout.
Camille : Exactement, c’est vraiment le truc qui fait que c’est un album, on va dire un peu concept. C’est vraiment un album très rock progressif années 70, parce que du coup la pochette raconte une histoire, le morceau raconte une histoire, ce qui fait qu’il y a un truc qui s’emboite. Et puis en plus, c’est hyper mystérieux quoi.
Colin : C’est clair, un création du monde avec 2 personnages qui la regardent. Ah, c’est vraiment cool.
Camille : Et puis dès qu’on a vu ça, avec les 2 personnages, on s’est dit bah en fait c’est parfait, c’est notre 2e album. Ouais, on est tous les 2, on s’est dit « on y va à fond ».
Marye : En plus, les artworks et tout ce qui est physique autour d’un album, c’est hyper important, surtout dans ce genre de musique. Quand on voit ce qui était fait niveaux artworks dans les années 60-70, avec des artworks absolument légéndaire, je pense par exemple à Rush, Marillion…
Colin : Exactement, et je trouve que les grosses pochettes d’albums des années 60 et 70 en fait, rien qu’à la pochette, tu vois ce que ça va être comme style de zick quoi. Et quand tu vois l’album Deux, tu te dis ça c’est pas du funk quoi, tu vois que ça doit être du rock, du rock progressif. Donc rien que dans le bac à vinyle, pour ceux qui nous connaissent pas mais qui ont les références des années 60 et 70, on voit ça, ils peuvent se dire tiens, ça pourrait me plaire.
Victor : On disait tout à l’heure, votre musique, elle est très ancrée dans les années 70, mais aussi il y a un côté hyper moderne, le son fait très actuel
Colin : Ah oui, parce qu’en fait, genre nous, on est influencé 70, mais on vit en 2026. Donc en fait, on n’a jamais vécu ces années-là, donc on essaie de composer comme eux, ce qu’ils auraient pu faire avec les instruments, mais on reste quand même actuel. On aime aussi bien les Queens of the Stone Edge que les Deep Purple. Donc en fait, on essaie de mélanger tout ça pour faire notre son.
Camille : Et puis même avoir un son purement seventies en studio, c’est à dire qu’il faut travailler sur bande, enfin sur analogique, il y a tout un procédé qui est compliqué, enfin quand on a un petit groupe comme nous avec un petit budget. Quand tu veux faire de l’analogique et avoir un son des années 70, c’est très dur, même si on adore ça.
Colin : Et puis même au-delà de ça, genre si on faisait vraiment analogique avec les mêmes influences, les machins, en fait ça deviendrait un espèce de tribute de Deep Purple. Tu vois, comme je l’ai dit plus tôt en interview, il y a plein de gens qui nous comparent à Deep Purple. Et justement, genre si on allait vraiment dans le cliché, tu vois vraiment à faire tout comme eux, ça nous intéresse pas de faire ça, Deep Purple, c’est nos dieux, mais genre jamais de la vie on voudra faire comme eux parce qu’ils ont fait ça dans leur époque et c’était très bien. Maintenant, nous, on est là maintenant, donc on est influencé bien sûr par eux, mais on essaie de faire autre chose qui nous est propre.
Marye : Et puis je pense qu’il y a pléthore de groupes aussi qui font déjà ça.
Colin : Ah oui, c’est ça. Voilà, quand tu vois le nombre de groupes qui font comme Led Zeppelin, tu vois, mais y en a des rouleaux de papier toilette quoi. C’est vrai, t’as un espèce de revival de Led Zeppelin. Il y a un gros revival de Black Sabbath aussi.
Marye : À côté de ça, vous êtes quand même dans d’autres projets, vous enchaînez les tournées avec vos amis de Komodor avec votre super-groupe Komodrag. Comment vous arrivez à trouver cette dynamique de votre projet et tous les autres projets que vous avez à côté? ?
Camille : Ce qui s’est passé, c’est qu’en fait, pendant ces 3 dernières années, c’est surtout Komodrag qui a tourné, on va dire, partout en France. Et donc c’était vraiment tous les weekends quasiment. Et à côté, avec Moundrag, on a vachement moins tourné. On écrivait l’album certes, mais là, du coup, cette année, on a vraiment décidé avec Komodor de mettre l’accent sur Moundrag et Komodor, nos nouveaux albums, et de quasiment plus tourner avec Komodrag, faire une pause. Même si en avril, on a déjà eu des périodes de compo pour recomposer un nouvel album Komodrag, mais on veut vraiment relancer la machine Moundrag pour tourner même dans un peu d’autres horizons. Parce que tu vois, Komodrag, on a fait quelques trucs métal, mais juste une fois le Hellfest par exemple. Moundrag, c’est un public qui est un peu moins métal.
Marye : Et les intentions de composition, elles sont différentes entre les groupes je suppose
Camille : On est 7 déjà, avec 2 batteries dans la composition, c’est vrai que c’est pas la même chose, ça respire pas la même poésie, on va dire. Tu vois, c’est très humain, on va dire. Je me lève le matin, bah paf, je suis avec les copains et c’est des trucs très concrets, des paroles très concrètes. Nous, on est carrément avec des paroles sur de la poésie, par exemple, de la poésie à notre niveau, on n’est pas Baudelaire non plus, tu vois, mais on essaie de faire des choses plus poétiques. La musique est carrément progressif, on va pas demander au Komodor de faire du rock progressif, tu vois. Et pareil, ils vont pas nous demander de faire du gros garage, tu vois. Donc c’est pour ça on trouve cette combinaison avec les 2 groupes, pour faire un truc un peu plus hippie, un peu plus rock.
Victor : On a le souvenir du concert à Mons en tête, et effectivement c’était fou.
Colin : Ouais, vraiment en fait la machine c’est hyper bien parce qu’on est 7 sur scène, tout le monde a la patate, ça envoie du steak, genre la moitié des refrains, c’est des nananas ou des lalala tu vois, c’est accessible vraiment très grand public. Donc c’est cool, mais là on avait envie aussi bah relancer la machine.
Victor : Ce soir, vous faites votre release party à Petit Bain. Une belle date clé dans votre carrière.
Camille : Ouais, c’est la date clé parce que c’est la salle parisienne, c’est la plus grosse qu’on va faire en headline. Quoi que non, c’est pas vrai, c’est juste que faut la marquer celle-là parce que tu vois, c’est un beau co plateau, on s’est donné de la peine, c’est la fin du mois de tournée qu’on fait là depuis 3 semaines et puis c’est là où il y a tous les pros en France, enfin quasiment tous les pros sont à Paris, c’est le truc où il faut assurer cette date. Donc c’est pour ça, on a vraiment voulu la mettre en avant parce que les dates en Bretagne, on sait que les Bretons ils vont venir, mais les Parisiens, faut les inviter, comme c’est la seule date parisienne de la tournée pour le moment, et c’est en fait c’est un peu la release partie aussi parce qu’on a fait la première release partie à Saint-Brieuc, vraiment une semaine après la sortie de l’album. On a fait une dans notre ville à Paimpol cet hiver, en décembre.
Marye : Je voulais parler un peu de fanbase, est-ce qu’avec le temps, vous avez une petite fan-base qui commence à se construire, des têtes que vous revoyez à chaque concert ?
Colin : C’est vrai qu’on commence. Ça fait quand même 6 ans qu’on existe avec Moundrag. Et en plus, maintenant, il y a des fans de Komodrag and the Mounodor qui viennent voir le projet parce qu’ils veulent avoir la triplette. Donc oui, on commence à revoir des têtes et c’est cool parce que on se dit que bah les gens se déplacent et ça veut dire que ça les a marqué. Ils aiment bien, ils portent les t-shirts, on les connaît pratiquement par leur prénom maintenant. Et c’est cool parce que voilà, nous, on est des musiciens et s’il y a pas de public, on est juste dans notre garage à faire de la musique pour nous. Donc c’est cool d’avoir cette reconnaissance un petit peu de gens qui viennent nous voir et qui kiffent quoi.
Camille : Ça crée une famille un peu, on va dire.
Marye : Et du coup, cette famille, je pense qu’on peut faire plus large, comment vous voyez la scène dans laquelle vous évoluez aujourd’hui, surtout en 2026, faire ce genre de musique.
Colin : Bah déjà, c’est marrant parce que tous ceux qui font du rock revival, en fait, on se connaît tous plus ou moins quoi. Et puis, bah pour ce qui est du public, c’est pareil. Genre quand on parle, quand on fait des festivals de métal et des co plateaux vraiment métal et psyché, en fait, on a tous les mêmes références, on aime tous les mêmes groupes et tout ça. Donc c’est assez marrant parce que même si on se connaît pas dans l’instantané, en fait, on se connaît par nos goûts.
Camille : Il y a ça et dans un truc plus large aussi. Je trouve que du fait que nous, on fait du rock seventies mais pas tout à fait, c’est des thèmes vintage mais aussi modernes, la musique qu’on fait, tu vois, il y a des trucs très prog. Y a toute l’esthétique qui va avec et ça ouvre aussi un peu les horizons à se dire que en fait, je trouve que dans la société en ce moment, y a aussi un gros renouveau de se dire en fait on est qui on est, avec notre côté un peu bizarroïde. Enfin, avant limite, c’était pas OK d’être bizarre maintenant en fait, les groupes même qui ont un côté un peu extraverti et pas comme les autres, ça devient intéressant et du coup, je pense qu’il y a aussi pas mal de personnes qui vont venir, qui vont voir un truc nouveau et se dire, en fait, carrément, c’est quoi ce délire de frangin ? J’ai jamais écouté ça. Pour ceux qui écoutent, qui sont pas justement dans les codes que nous on fait véhiculer, il y a aussi ces gens-là qui peuvent tout simplement être attirés à se dire merde mais en fait, ils sont complètement tarés. Et j’aime bien ça parce que ça change du rock, ça change du rap, ça change des trucs classiques.
Victor : Vous allez jouer au Rock in Bourlon dans quelques temps, et je trouve que c’est un peu cette vibe que tu décris, des trucs hyper variés, des trucs un peu inconnus, des trucs de niche, des trucs qui changent de la programmation classique des festivals rock ou métal.
Colin :Ouais, et on a très d’y joué parce qu’on n’y est jamais allé. Déjà en tant que festivalier, ça fait des années qu’on voit les progs et à chaque fois il y a des pépites.
Camille : Rien que d’y aller tout simplement en festivalier, c’est nickel. La programmation est mortelle.
Colin : Donc en plus d’y jouer mortel et c’est à taille humaine ça va être super. C’est pas très loin de la Belgique, et on a plein d’amis belges.
Marye : Pour finir cette interview, notre média il s’appelle Sounding Shivers, et en fait c’est un peu intraduisible en français, mais en fait ce shivers c’est les frissons, vraiment ce qui vous donne des frissons. Et je voulais savoir, c’est peut-être pas forcément vos influences, mais en tout cas, à aujourd’hui, c’est quoi les artistes qui vous donnent des frissons au quotidien dans vos écoutes? ?
Colin : Moi, je suis un grand fan de la soul des années 60, tu vois, du mouvement Black Panther et tout ça. Donc je me suis refait pendant la tournée là tout l’album de Marvin Gaye, What’s Going On, et c’est vraiment trop trop classe quoi. Donc ça m’a bien fait kiffer.
Camille : J’ai réécouté il y a pas longtemps des trucs que j’écoutais quand j’ai commencé à écouter du prog et je suis resté là-dedans. Et c’est toujours ça qui me donne des frissons. Quand j’écoute Yes, tu vois, l’album Fragile, et Emerson, Lake And Palmer il y a des trucs vraiment, ça me fait toujours aussi partir. Donc je suis resté fidèle
Marye : Merci beaucoup pour cet échange
Camille :Merci beaucoup pour vous, c’était cool. Merci.
Un grand merci à Claire et Purple Sage pour cette belle opportunité et à l’équipe de Petit Bain pour l’accueil et à Moundrag pour leurs disponibilités.
With just a few days to go before their gig at Rock in Bourlon, Moundrag look back on a busy period. Having only just returned from a tour of Spain and Portugal, the duo reflect on this intense spell on the road, as well as the impact of recent major performances at Motocultor or with Deep Purple on their career. It’s also an opportunity to discuss Deux, their latest album, which is at once intimate, socially conscious and deeply rooted in a blend of 1970s heritage and modernity. Covering artistic identity, live energy and their evolution within the current music scene, The Goellaën Duvivier brothers in Moundrag speak candidly in this interview conducted just before their gig at Petit Bain.
by Marye Davenne et Victor Brunerie
Picture by : Marye Davenne
Marye: So, to start with, you’ve just come back from a big tour of Spain and Portugal, how does it feel to be back in France? And how did the tour go?
Colin: Ah, it feels a bit strange to be back in France. Because we were a bit cut off from the world, you know. And when we crossed the border and saw petrol at 2 balles, we thought, ‘Ah, maybe something’s happened,’ and it was a bit odd. So yeah, because we were still in T-shirts and all that. We’d been touring a lot in southern Spain too, in Andalusia, so the weather was absolutely brilliant, and then we arrive here, it’s raining, it’s chaos and all that – it’s a bit of a strange comedown.
Camille: The tour was cool, it was brilliant.
Colin: Yeah, really great. We met loads of new people, we met loads of new fans, we played in places we’d never played before. We met some new bands, you know – we had a brilliant night out in Porto with Mad Mess. A band from Porto, actually, who play a sort of doom metal, it was brilliant. And then we caught up with some mates we’d made before, so that was great. We’re a bit tired, but it’s the good sort of tired.
Victor: As we were saying, it’s not half bad. About fifteen gigs in a country other than France, it shows there’s interest elsewhere too.
Camille: Yeah, well, you see, this was actually our fourth or fifth tour in Spain, because for a few years now we’ve had, let’s say, some great colleagues over there, some great partners, really. And actually, we’d decided to do this tour because we’ve got a Spanish record label, based in Andalusia, in fact, called Spinda Record. They’ve got a brilliant catalogue of psychedelic stoner rock and all that sort of thing. And he also does booking, so we’d said to him: ‘Actually, go on, you run the label, and when the album comes out, why don’t you organise a big Spain-Portugal tour for us to really drive the point home?’ That’s why we did it, and there were quite a few, loads of gigs, actually, so it was great. You see, it was long and gruelling, but that’s how all tours are. Well, it depends because, you see, in France it works quite differently, you’ve got a maximum of four days a week, like Thursday, Friday, Saturday, Sunday. That sort of thing. And it’s true that a lot of foreign bands, when they go on tour, are away for a month; sometimes they take time off. It’s true that for a French band, we’re not really used to doing that, but it’s true that we’re quite lucky, actually, to be able to spend a whole month on the road.
Colin: And switch off, basically.
Camille: And to switch off, to really do what we’re meant to do, make music!
Victor: You’ve actually played quite a few great gigs over the last while. You played at Motocultor, you’ve supported Deep Purple twice…
Camille: Yeah, absolutely, those are pretty big gigs.
Victor: And even a KEXP session a while back. What have all these opportunities brought you?
Colin: Yeah, well, it’s always good because you make new fans and, as a result, new people get to see you. You’ve got bookers saying, ‘Oh yeah, that’s right, I saw them at Motocultor,’ or ‘Go on, I discovered a band on KEXP. Oh, they’re French! …’ And for us, well, Deep Purple also gives us a massive boost in credibility. Because, you know, when we first started Moundrag, people would approach us, well, guitarists in particular, at the end of gigs, they’d send us messages saying, ‘Yeah, well, I’m a guitarist myself; if you’re up for it, we could do a Deep Purple revival and all that.’ We’d be like, ‘Nah, that’s not really the project we’re after.’ And since we’ve opened for Deep Purple twice, having been endorsed by them, people leave us a bit more alone now when we do Deep Purple tributes.
Camille: And it’s true that at festivals, well, take Motocultor, for example, or even the two times we played at Deep Purple, the crowds are massive. I mean, there are thousands of people in front of us who aren’t necessarily there to listen to us, because they’re there for the bands playing before and after us. At Deep Purple, though, people were clearly there for Deep Purple. And they’re massive stages too, you know, where we always play face-to-face, we always try to be as close as possible, but the thing is, when we’re in the middle of the stage, there’s still 15 metres of empty space on either side behind us. And then, well, the thing is, we’re in this ‘right, let’s go’ mode, it’s as if we were in a pub, well, it’s the same thing, it’s just that here we’re in front of 10,000 people, and what was brilliant was that it went really well. And so, that means that even deep down, we’re thinking, ‘This is cool.’ A bit of self-confidence builds up and we’re able to pull it off.
Colin: We put on the same gig for 15 people as we do for 5,000, 1,000 or 7,000. Since we actually started out playing in bars and clubs, you know, well, we’ve kept that identity, you see, like, we always give it our all, whether there aren’t many people or there’s a massive crowd; it’s really part of who we are.
Camille: Of course, you’ve got to give it your all every time; you can’t let anyone down. I mean, people seeing us for the first time will say, ‘Hold on, lads, they’re on form,’ and those who’ve come to see you about fifteen times will think, ‘They’ve not lost their touch.’
Marye: But then, you’ve got the same energy, do you feel the same energy coming from the audience?
Camille: Well, it depends.
Colin: When there’s a big crowd, it’s more exhilarating because when people clap, it’s really powerful. But sometimes there are only 15 people in the room and it’s just as electric. So it really depends on the audience.
Camille: You see, yesterday, for example, we were in Mulhouse for a gig. It was early on a weekend, it was free, and people just turn up, and if they don’t like it, they don’t really care, you know? So it was a different atmosphere because, for example, in Spain, every night was electric, because people were coming specifically to see us. Yesterday, there were people who’d come to see us, but it was a quiet affair, it was a Wednesday evening, so people were really listening; they enjoyed it, but you know, there wasn’t that passion that audiences can sometimes have.
Marye: Last October, you released your album Deux. I’d say it’s quite an intimate album because, if I’ve understood correctly, your parents feature on it. You were surrounded by your friends from Komodor during the recording. I’m not sure if ‘intimate’ is the right word, but that’s certainly the feeling it gives
Camille: It’s family, so yes, it’s definitely intimate. Yes, because in any case, I think an album is bound to be intimate the moment you share personal things in the tracks. It really is our take on things, and even more so when we asked our parents to come and play on the last track, it’s true that even now, every time we listen to it, it gives us goosebumps. It’s the family playing together, you know? But yes, we really wanted to make this album 100 per cent in Brittany, with our mates and loved ones, that’s it. It was a choice we made. Maybe the next one, we’ll record it in a studio in Los Angeles, where the family will be a long way away.
Victor: And then you had it mastered by Hans Olsen, who’s known for his work with analogue sound. What did that bring to the project?
Colin: He’s got a great track record, but for a start he’s worked with loads of artists we love. And so, mastering’s always been a bit of a mystery to us, you know, because we get mixing and all that, but mastering’s a real mystery. So we know, broadly speaking, that it’s for putting on vinyl, streaming platforms and CDs, but as for what actually happens in the mastering booth, we’ve absolutely no idea. And actually, what we really like about his work is that all the albums we love have generally been mastered by him. So we thought, “Well, if he masters it for us, that means it’s going to be good.” And it’s actually pretty good.
Camille: We’d already worked with him on Komodrag. So, well, for the project we’ve got with Komodor, he’d mastered the album, and we really liked the bloke. We liked the sound, so we just went for it.
Marye: Claire, your PR, in the press release for your album, uses these words: ‘This album is about smashing patriarchal constraints…’
Camille: Yeah, it really works on, let’s say, two songs. On a song called ‘Changes’ and, let’s say, ‘Caveman’. It’s a bit of a middle finger to this whole society that’s been built around brotherhood, when it’s not just brothers – there are sisters too, and more besides. So that’s why, it’s just a bit of a modern twist. You see, it’s 2026, we’re playing ’70s rock, but in the ’70s, that was the start, let’s say, of gender equality, women’s liberation and all that. And I think that struggle is even more relevant today, especially as there are more and more major ‘macho’ movements. So, in fact, it’s also a middle finger to say that we’ve got to keep fighting no matter what!
Marye: This struggle is being shouted about quite loudly, especially in the punk scene, and yet, as you said, it was the foundation back in the 70s.
Camille: But it’s all about liberation, and the bands we love don’t necessarily talk about that, you see, take Led Zeppelin, for example; they didn’t talk about that at all. They were actually talking about their sex lives instead.
Colin: And so I think it’s great to have messages that are so relevant today and that are politically engaged. I think that’s important.
Marye: In 70s rock, there are also quite a few tracks that are mostly instrumental, do you think it’s important to have lyrics?
Camille: The thing is, there is a message, the point is that, in English, let’s say, wherever you are on the planet, people will listen to the lyrics, but at least the message comes across clearly straight away. Singing in English was a way of saying, ‘That way, people can see what we’re talking about, and even if they don’t relate to our lyrics, at least we’re being honest about what we’re doing.’ I mean, yeah, and I think it’s important, after all, to have things to say, so to speak.
Victor: The album’s been out since last October, generally speaking, what’s the feedback been like since it came out?
Colin: Well, we’re pressing more copies now, so that’s a good sign, isn’t it? It’s cool. We’ve sold 1,000 since it came out, so we’re making more, and people seem to like it, you know? And it goes down pretty well at gigs, so we’re quite happy with the second album. The first one was even more intimate than the second because, you know, with debut albums you usually cram in all your influences, play as fast as you can and just pack as much in as possible. But with this second one, we worked harder to give everyone space, to focus more on the melody and less on the intensity, I think.
Marye: And what’s more, I get the impression there’s been quite a lot of media coverage, because I’ve seen you everywhere on my social media feeds.
Camille: Which was brilliant. To draw a slight comparison with the first album, which really did stay very French because it was on a French label with a French press office. But we thought, for the second album, we’d go with two labels from a really underground niche, in the psychedelic scene, in Spain and England. So we’re working with Claire, who mainly has a European and global network within a very specific niche. We don’t really play metal, which means, yes, it’s a bit unusual. We were really wondering what the media would make of a band like us, you know, no guitar, no bass, with a seventies style but sometimes featuring heavy riffs and a powerful sound. So I think there were loads of media outlets that weren’t expecting to see us.
Colin: With a slightly fantastical album cover and all that.
Camille: So, naturally, the media coverage for that album was absolutely brilliant.
Colin: Big love to you, Claire!
Marye: To follow on from the cover, it was designed by Justina Koziczak, a Polish artist.
Camille: Yeah, that’s brilliant, because actually we had absolutely no idea what to go for. She was the one who sent us a message when we were in the studio. A message along the lines of ‘I work with bands’ we’d seen what she does, and we thought, ‘That’s brilliant.’
Colin: Yeah, it was a real stroke of luck, really, like, we had absolutely no idea what to use, and then she sent us a message with her portfolio; we saw that cover art and said, ‘Right, go on then, is that painting available?’ She replied, ‘Yeah, no problem.’
Marye: So you basically picked something from her portfolio, then.
Camille: Yes, we picked something from what she’d done and, actually, it inspired us to write a song that ended up on the album, it’s called ‘Limbo’.
Marye: The link with the circle of hell, Dante and all that.
Camille: Exactly, that’s really what makes it a, let’s say, bit of a concept album. It’s a very 70s progressive rock album, because the cover tells a story, the track tells a story, so everything fits together. And on top of that, it’s really mysterious.
Colin: Definitely, the creation of the world with two characters watching it. Ah, that’s really cool.
Camille: And as soon as we saw that, with the two characters, we thought, ‘Well, actually, it’s perfect, it’s our second album.’ Yeah, there’s the two of us, and we said to ourselves, ‘Let’s go for it.’
Marye: What’s more, the artwork and all the physical aspects of an album are absolutely crucial, especially in this genre of music. When you look at the artwork from the 60s and 70s, with some truly legendary designs, I’m thinking, for example, of Rush and Marillion…
Colin: Exactly, and I reckon with those big album sleeves from the 60s and 70s, just from the sleeve alone, you can tell what sort of music it’s going to be. And when you see the album Deux, you think to yourself, ‘That’s not funk, is it?, you can tell it must be rock, progressive rock. So just from the vinyl collection, for those who don’t know us but are familiar with the 60s and 70s, they can see that and think, ‘Hang on, I might like this.’
Victor: We were saying earlier that your music is very rooted in the 70s, but there’s also a really modern side to it; the sound feels very contemporary.
Colin: Ah yes, because actually, we’re influenced by the ’70s, but we’re living in 2026. So, in fact, we’ve never actually lived through those years, so we try to compose like they did, what they might have done with the instruments, but we still stay contemporary. We’re just as big fans of Queens of the Stone Age as we are of Deep Purple. So, basically, we try to blend all that together to create our own sound.
Camille: And then, even achieving a purely ’70s sound in the studio, which means working on tape, or rather using analogue equipment, involves a whole complicated process, especially when you’re a small band like us on a tight budget. When you want to go analogue and get that ’70s sound, it’s really hard, even though we love it.
Colin: And even beyond that, like, if we were to go fully analogue with the same influences and all that, it’d basically just turn into a sort of Deep Purple tribute. You see, as I said earlier in the interview, loads of people compare us to Deep Purple. And actually, if we were to really go down the cliché route – you know, doing everything exactly like them, we’re not interested in doing that. Deep Purple are our gods, but we’d never in a million years want to copy them because they did that in their day and it was brilliant. Now, we’re here in the present, so we’re influenced by them, of course, but we’re trying to do something different that’s our own.
Marye: And I think there’s a whole host of bands already doing that too.
Colin: Oh yes, that’s right. Look, when you see the number of bands copying Led Zeppelin, you know, there are loads of them. It’s true, there’s a sort of Led Zeppelin revival going on. There’s a big Black Sabbath revival too.
Marye: Apart from that, you’re still involved in other projects, you’re going on tour after tour with your friends from Komodor as part of your supergroup Komodrag And The Mounodor. How do you manage to strike the right balance between this project and all the other ones you’ve got on the side?
Camille: What’s happened is that, actually, over the last three years, it’s mainly been Komodrag that’s been touring, let’s say, all over France. So it was pretty much every weekend. And alongside that, with Moundrag, we’ve toured a lot less. We were writing the album, of course, but this year, Komodor and I have decided to really focus on Moundrag and Komodor, our new albums, and to stop touring with Komodrag almost entirely, to take a break. Even though back in April we’d already had some writing sessions to work on a new Komodrag album, we really want to get the Moundrag machine going again to tour in slightly different venues. Because, you see, with Komodrag, we’ve done a few metal gigs, but only once at Hellfest, for example. With Moundrag, the audience is a bit less metal-oriented.
Marye: And I suppose the approach to songwriting is different between the bands?
Camille: There are seven of us now, with two drummers in the line-up, it’s true that it’s not quite the same; it doesn’t have the same poetic feel to it, shall we say. You see, it’s very human, so to speak. I get up in the morning, and bang, I’m with my mates, and it’s all very down-to-earth stuff, very down-to-earth lyrics. We, on the other hand, are all about lyrics based on poetry, for example, poetry on our own level; we’re not exactly Baudelaire either, you see, but we try to do things that are more poetic. The music is definitely progressive; we’re not going to ask Komodor to play progressive rock, you know. And likewise, they’re not going to ask us to play heavy garage rock, you know. So that’s why we’ve found this combination with the two bands, to do something a bit more hippie, a bit more rock.
Victor: We’ve got the memory of the gig in Mons in our minds, and it really was mad.
Colin: Yeah, actually the whole set-up works really well because there are seven of us on stage, everyone’s full of energy, it really packs a punch, like, half the choruses are ‘nananas’ or ‘lalalas’, you know? It’s really accessible to a wide audience. So it’s cool, but now we also wanted to give the whole thing a fresh boost.
Victor: Tonight, you’re holding your release party at Petit Bain. A real milestone in your career.
Camille: Yeah, it’s a key date because it’s the Paris venue, it’s the biggest one we’re headlining. Actually, no, that’s not true, it’s just that we’ve got to make a mark with this one because, you see, it’s a great line-up, we’ve put a lot of effort into it, it’s the end of the three-week tour we’ve been on, and that’s where all the pros in France are, well, almost all of them are in Paris, so it’s the one gig where we’ve got to deliver. So that’s why, we really wanted to highlight it because, with the gigs in Brittany, we know the Bretons will turn up, but the Parisians, you’ve got to invite them. As it’s the only Paris gig on the tour so far, and it’s actually a bit of a release party too, because we did the first release party in Saint-Brieuc, just a week after the album came out. We did one in our hometown of Paimpol this winter, in December.
Marye: I wanted to talk a bit about your fanbase, have you, over time, started to build up a small fanbase, with familiar faces you see at every gig?
Colin: It’s true, we’re getting there. We’ve been around with Moundrag for six years now, after all. And what’s more, there are now Komodrag and the Mounodor fans coming to see the project because they want the full trio. So yes, we’re starting to recognise faces again, and it’s cool because we think to ourselves, ‘Well, people are making the effort to come along, and that means it’s made an impression on them.’ They really like it, they wear the T-shirts, and we practically know them by their first names now. And it’s cool because, well, we’re musicians, and if there’s no audience, we’re just in our garage making music for ourselves. So it’s cool to get that recognition, a few people coming to see us and really enjoying it.
Camille: It creates a bit of a family, shall we say.
Marye: And so, with this family, I think we can expand it further. How do you see the scene you’re part of today, especially in 2026, playing this kind of music?
Colin: Well, first of all, it’s funny because everyone who’s into rock revival, we all know each other to a greater or lesser extent, you know. And then, well, as far as the audience is concerned, it’s the same. Like, when we’re talking about playing at metal festivals and sharing the bill with proper metal and psychedelic acts, we all have the same influences; we all love the same bands and all that. So it’s quite funny because even if we don’t know each other personally, we actually know each other through our tastes.
Camille: There’s that, and there’s also a broader aspect to it. I think that because we play ’70s rock, but not quite, it’s vintage themes but also modern ones; the music we make, you see, has a lot of prog elements. There’s the whole aesthetic that goes with it, and it also broadens your horizons a bit, making you realise that, actually, I think in society at the moment, there’s also a big revival of people saying, ‘Actually, we are who we are’, with our slightly odd side. I mean, before, it was almost not OK to be weird, but now, actually, even bands that are a bit out there and different from the rest are becoming interesting, and so I think there’ll be quite a few people coming along who’ll see something new and think, ‘What on earth is this madness, mate? I’ve never listened to anything like this before.’ For those listening who aren’t exactly into the genres we usually promote, there are also those people who might simply be drawn in, thinking, ‘Bloody hell, they’re completely mad.’ And I quite like that because it’s a change from rock, a change from rap, a change from the usual stuff.
Victor: You’re going to be playing at Rock in Bourlon soon, and I reckon it’s a bit like the vibe you’re describing – really varied stuff, things that are a bit obscure, niche stuff, things that are a bit different from the usual line-up at rock or metal festivals.
Colin: Yeah, and we’re really keen to play there because we’ve never been. Even just as festival-goers, we’ve been checking out the line-ups for years and there are always some real gems.
Camille: Just going there as a festival-goer is brilliant. The line-up is absolutely brilliant.
Colin: So, on top of playing there, which is brilliant, and the fact that it’s on a human scale, it’s going to be great. It’s not far from Belgium, and we’ve got loads of Belgian friends.
Marye: To wrap up this interview, our webzine is called Sounding Shivers, and actually it’s a bit untranslatable into French, but ‘shivers’ really means the kind of shivers that give you goosebumps. And I wanted to know, these might not necessarily be your influences, but in any case, right now, which artists give you goosebumps when you’re listening to music on a daily basis?
Colin: Personally, I’m a huge fan of 60s soul, you know, the Black Panther movement and all that. So during this tour I’ve been re-listening to the whole Marvin Gaye album, What’s Going On, and it’s just so, so classy. So I really got a kick out of it.
Camille: Not long ago, I re-listened to some stuff I used to listen to when I first got into prog, and I’ve stuck with it ever since. And it’s still the sort of thing that gives me goosebumps. When I listen to Yes, you know, the Fragile album, and Emerson, Lake & Palmer, there are some tracks that really still blow me away. So I’ve stayed true to it.
Marye: Thank you very much for this chat
Camille: Thank you very much, it was great. Thank you.
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