Dix ans après les débuts de leur duo FEATHER/FEATHER, les cousins Téo (voix, direction artistique) et Edouard (composition, production et multi-instrumentaliste) sont de retour avec Ten Summers, leur deuxième album, sorti le 28 août en autoproduction. Après Paper Bridge en 2020, FEATHER/FEATHER fait ici un nouveau pas en avant en développant un univers plus cinématographique, porté par des mélodies parfois douces, parfois plus dansantes, des harmonies vocales et surtout une lumière estivale qui traverse tout le disque.
par Zo‘
English version below
Le premier titre, “Storyteller” débute assez fort, avec des chœurs et un côté presque confus avant que la mélodie ne se calme progressivement. Les voix s’effacent pour laisser place à une partie instrumentale qui nous fait facilement voyager. Le morceau raconte cette urgence de créer qui peut surgir même au cœur des moments heureux. Dès les premières minutes, FEATHER/FEATHER nous prend donc par la main pour nous plonger dans son univers. Sur “Ten Summer”, le duo accueille Cymée pour un morceau qui a dans sa mélodie quelque chose de nostalgique. Dix étés après leurs débuts, les deux cousins évoquent l’approche de la trentaine, les rêves qui changent de forme et l’acceptation d’un bonheur que l’on n’avait peut-être pas prévu ainsi. Les rythmiques sont ici plus pop et donnent au morceau une énergie différente, sans pour autant perdre cette douceur qui accompagne le reste du disque. Le premier single de l’album, “Try!” s’ouvre sur un beat qui donne immédiatement le ton avant de nous emmener vers un refrain entraînant. Le morceau affirme le refus de se comparer aux autres ou de se conformer aux attentes. C’est une quête vers l’identité, une invitation à se questionner pour finalement suivre sa propre voie. Une énergie communicative qui fonctionne particulièrement bien dans leur unviers. “Illinois (Interlude)” arrive ensuite avec une guitare acoustique accompagnée de quelques éléments électro ambiants, le tout s’enrichit progressivement, mais le morceau reste beaucoup plus calme et lent que les précédents. Le titre représente une lettre d’amitié entre les deux cousins, avec également un clin d’œil à leurs précédents projets prouvant que même dans le renouveau, certains liens résistent toujours au temps. Avec “Sky Powder”, les questions et les doutes refont surface. Le morceau apporte une atmosphère plus introspective sans pour autant dénoter avec le reste de l’album puisque la mélodie reste dans des tons pop et plutôt énergique. Il trouve naturellement sa place dans cette succession de souvenirs, de changements et de réflexions sur ce qui vient ensuite. Le cœur de l’album nous offre un autre moment suspendu avec “We’re Just Here To Be Memories”. Piano, chœurs et quelques textures électroniques composent une parenthèse presque hors du temps. « What success is to us? What success is to you? » La question est posée comme dans une sorte de discours, nous laissant quelques instants pour réfléchir à notre propre définition de la réussite, mais l’entièreté du morceau nous pousse aussi à regarder vers l’avenir. Après cela, “Spit” vient ensuite casser un peu cette douceur. Plus dynamique et dansant, principalement instrumental est composé de beaucoup plus de textures électroniques, le morceau penche même vers la house, loin de ce que l’on avait entendu jusque-là. Une véritable prise de risque que le duo décrit lui-même comme expérimentale, mais qui fonctionne particulièrement bien. On se surprend rapidement à vouloir danser dessus, nous plongeant plutôt dans l’univers de la nuit et des clubs. Enfin, “Aftersun” vient refermer l’album dans une douceur presque parfaite. Tout est plus calme, plus lent, comme si FEATHER/FEATHER nous installait face à un coucher de soleil pour profiter des derniers instants de l’été. Inspiré du film du même nom, le morceau évoque la fin d’une époque pour le duo, tout en annonçant déjà un renouveau. Avec ses quatre minutes et quelques, il prend le temps de laisser l’album s’éteindre tranquillement.
Avec Ten Summers, FEATHER/FEATHER nous propose une jolie bande-son pour cette fin d’été, avec cette sensation particulière de voir une saison se terminer tout en sachant qu’une autre histoire est déjà en train de commencer.

Tracklist
1 – Storyteller
2 – Ten Summers
3 – Try!
4 – Illinois (Interlude)
5 – Sky Powder
6 – We’re Just Here To Be Memories
7 – Spit
8 – Aftersun
Ten years after the debut of their duo FEATHER/FEATHER, cousins Téo (vocals, artistic direction) and Edouard (composition, production and multi-instrumentalist) are back with Ten Summers, their second album, released on August 28th as a self-produced record. Following on from Paper Bridge in 2020, FEATHER/FEATHER take another step forward here by developing a more cinematic soundscape, driven by melodies that are at times gentle, at times more danceable, vocal harmonies and, above all, a summery glow that permeates the entire album.
by Zo‘
The opening track, “Storyteller”, gets off to a strong start, with backing vocals and an almost chaotic feel, before the melody gradually settles down. The vocals fade into the background to make way for an instrumental section that effortlessly transports the listener. The track captures that urge to create, which can arise even in the midst of happy moments. From the very first minutes, FEATHER/FEATHER takes us by the hand and immerses us in their world. On “Ten Summer”, the duo is joined by Cymée for a track whose melody carries a touch of nostalgia. Ten summers on from their debut, the two cousins reflect on approaching their thirties, dreams that take on new forms, and the acceptance of a happiness they might not have envisaged quite like this. The rhythms here are more pop-oriented, giving the track a different energy without losing the gentle feel that characterises the rest of the album. The album’s first single, “Try!”, opens with a beat that immediately sets the tone before leading us into a catchy chorus. The track affirms a refusal to compare oneself to others or to conform to expectations. It’s a quest for identity, an invitation to question oneself and ultimately follow one’s own path. A contagious energy that works particularly well within their sound. “Illinois (Interlude)” follows, featuring an acoustic guitar accompanied by a few ambient electronic elements; the track gradually builds in richness, yet remains much calmer and slower than the previous ones. The track represents a letter of friendship between the two cousins, whilst also paying homage to their previous projects, proving that even amidst renewal, certain bonds still stand the test of time. With “Sky Powder”, questions and doubts resurface. The track offers a more introspective atmosphere without feeling out of place with the rest of the album, as the melody retains its pop-inspired, rather energetic tone. It fits naturally into this sequence of memories, changes and reflections on what lies ahead. The heart of the album offers us another moment of suspension with “We’re Just Here To Be Memories”. Piano, backing vocals and a few electronic textures create an almost timeless interlude. ‘What success is to us? What success is to you?’ The question is posed as if in a sort of speech, giving us a few moments to reflect on our own definition of success, but the track as a whole also urges us to look towards the future. After that, “Spit” comes along to shake things up a bit. More dynamic and danceable, and predominantly instrumental, it features far more electronic textures; the track even leans towards house, a far cry from what we’d heard up to that point. It’s a real risk-taker that the duo themselves describe as experimental, but one that works particularly well. You soon find yourself wanting to dance to it, as it plunges you into the world of nightlife and clubs. Finally, “Aftersun” brings the album to a close with an almost perfect sense of tranquillity. Everything is calmer, slower, as if FEATHER/FEATHER were seating us in front of a sunset to savour the last moments of summer. Inspired by the film of the same name, the track evokes the end of an era for the duo, whilst already heralding a new beginning. At just over four minutes, it takes its time to let the album fade out gently.
With Ten Summers, ‘FEATHER/FEATHER’ offers us a lovely soundtrack for the end of summer, capturing that special feeling of watching a season draw to a close whilst knowing that another story is already beginning.