#Live : Hibushibire + ATOKO @ La Bulle Café, Lille – 14/09/2026

La semaine commence fort sur Lille avec la nouvelle date organisée par Mohamed Dali et alternativ taKen ce lundi 14 septembre, à La Bulle Café. L’organisation lilloise nous a dégoté les japonais de Hibushibire et leur rock psyché ! Pour ouvrir les locaux de ATOKO se produisaient pour la première fois. 

Report par Mégane Canis

Photos par Victor Brunerie

English version below


A notre arrivée, impossible de rater la contrebasse imposante qui trône sur scène. Cela nous annonce d’emblée un concert comme on n’en voit pas tous les jours. ATOKO monte alors sur scène, sous forme d’un trio contrebasse, batterie et guitare. On démarre cette soirée tout en délicatesse et en retenue. Le travail du rythme est particulièrement présent, allant chercher des structures originales. La guitare vient se poser, avec des accords court et aigus, évoquant des petites gouttelettes d’eau qui tomberaient à intervalles plus ou moins réguliers. Les sonorités sont également très recherchées, avec par exemple des cymbales frottées avec l’olive de la baguette ou tapées doucement avec les mailloches. Le jazz semble par moments l’influence prédominante, mais il serait bien difficile de mettre le groupe dans une case. Puis, une trompette entre en jeu. Elle est agrémentée de plein d’effets modernes, qui apportent un son très original. Le cuivre prend plus ou moins de place selon les moments, tantôt en fond, tantôt ayant le chant. On entend beaucoup d’éléments expérimentaux. C’est cet aspect qui va prendre de plus en plus de place dans le set. Le groupe joue avec l’intensité, la texture, le rythme… Les sonorités des instruments sont poussées hors du cadre. On sent une réelle maitrise chez chaque musicien. Ceux-ci sont d’ailleurs impliqués dans divers projets locaux (Monsieur Thibault, Temps Calme ou Amour Tempête). Ces expériences sont mises au service ATOKO pour le plus grand plaisir des oreilles aguerries présentes ce soir.

Les japonais prennent le temps d’installer leur matériel, tout en attisant de plus en plus notre curiosité. Des congas compactes trônent à l’avant de la scène. Hibushibire attaque alors fort, de sorte qu’il est impossible de manquer leur entrée. Ils nous scotchent avec un son puissant et enchainent avec des compositions puissantes. A l’instar du premier groupe de la soirée, la rythmique est au coeur de leur travail. La batterie, les congas et la basse de Tetsuji Toyoda, bien présente, s’allient pour faire vibrer tout notre corps. A l’inverse, la voix de Changchang est plutôt aérienne et emplie de reverb. Ce dernier officie également à la guitare. Il envoie des riffs très psychédéliques et planants, posés sur une sonorité lourde et massive. Après un démarrage en trombe qui nous a tous happé, la formation instaure des passages plus planants. Ceux-ci sont alternés avec des parties démentielles, rapide, où les éléments semblent venir se déchainer. Les transitions sont envoutantes, presque mystiques, nous amenant dans sorte de torpeur. Avec Hibushibire, tout se mêle à la perfection, autant les instruments que les variations de tempo ou d’ambiance. On est impressionné par Kohei Katsuma qui semble inarrêtable aux congas. Sa puissance de frappe, sa précision et son attitude, semblant totalement absorbé par son instrument, sont épatantes. La fatigue ne semble pas avoir de prise sur les musiciens, alors que nous assistons au dernier concert de cette tournée européenne. Aoi Hama (batterie) est également saisissante. On change d’ambiance lorsque le groupe propose un temps de chant collégial, presque a capella. On entend un côté traditionnel, presque médiéval, dans les sonorités. Lorsque la guitare prend quelques lignes de thème, celui-ci est plutôt épique et ancestral à la fois. Puis on repart dans le rock psychédélique puissant et envoutant de la formation, qui annonce que le concert touche à sa fin. Mais c’est sans compter les compositions surprenantes de Hibushibire qui nous en fait une dernière de plus de 20 minutes ! L’énergie reste la même du début à la fin du set. On termine d’ailleurs celui-ci sur une apothéose après une montée en puissance comme on en voit peu.

Mohamed Dali, alternativ taKen et La Bulle Café nous ont offert une soirée exceptionnelle. ATOKO et Hibushibire ont apporté des sonorités originales, rarement entendues. Ces deux groupes ont une vraie identité, et ont apporté des riches compositions, dans deux styles différents. On salue la performance de ATOKO dont cette représentation était la première et d’un niveau époustouflant. Hibushibire et son rock psyché ont totalement happé le public de la salle, et on foncera les revoir si on en a l’occasion !

Un grand merci à Batiste pour les accréditations, à Mohamed Dali et alternativ taKen pour l’organisation et à toute l’équipe de la Bulle Café pour l’accueil. 


The week gets off to a flying start in Lille with the new gig organised by Mohamed Dali and alternativ taKen this Monday, 14 September, at La Bulle Café. The Lille-based organisers have tracked down the Japanese band Hibushibire and their psychedelic rock! ATOKO took to the stage for the first time to open the evening.

Review by Mégane Canis

Pictures by Victor Brunerie

On arrival, it was impossible to miss the imposing double bass taking pride of place on stage. This immediately signalled that this was going to be a concert unlike any we see every day. ATOKO then took to the stage as a trio comprising double bass, drums and guitar. The evening got off to a gentle and restrained start. The rhythmic work was particularly prominent, exploring original structures. The guitar settles in with short, high-pitched chords, evoking tiny droplets of water falling at more or less regular intervals. The sounds are also very carefully crafted, with, for example, cymbals rubbed with the tip of the drumstick or gently struck with mallets. Jazz seems at times to be the predominant influence, but it would be very difficult to pigeonhole the band. Then, a trumpet comes into play. It is embellished with plenty of modern effects, which lend it a highly original sound. The brass takes on a greater or lesser role depending on the moment, sometimes in the background, sometimes taking the lead. There are plenty of experimental elements. It is this aspect that comes to the fore more and more as the set progresses. The band plays with intensity, texture and rhythm… The sounds of the instruments are pushed beyond the boundaries. You can sense a real mastery in each musician. They are also involved in various local projects (Monsieur Thibault, Temps Calme and Amour Tempête). These experiences are put to good use in ATOKO, much to the delight of the seasoned ears in the audience this evening.

The Japanese take their time setting up their equipment, whilst piquing our curiosity more and more. Compact congas take pride of place at the front of the stage. Hibushibire then kick off with a bang, making their entrance impossible to miss. They have us spellbound with their powerful sound and follow it up with a series of powerful tracks. Like the first band of the evening, the rhythm section is at the heart of their work. The drums, the congas and Tetsuji Toyoda’s bass, which really makes its presence felt, combine to make our whole bodies vibrate. In contrast, Changchang’s vocals are rather ethereal and steeped in reverb. He also plays the guitar, delivering highly psychedelic, trippy riffs set against a heavy, massive sound. After a blistering start that swept us all away, the band moves into more dreamy passages. These alternate with frenzied, fast-paced sections where the elements seem to run wild. The transitions are mesmerising, almost mystical, lulling us into a sort of trance. With Hibushibire, everything blends together perfectly – the instruments as well as the shifts in tempo and atmosphere. We’re impressed by Kohei Katsuma, who seems unstoppable on the congas. His power, precision and attitude, appearing completely absorbed by his instrument, are astonishing. The musicians show no signs of fatigue as we watch the final concert of this European tour. Aoi Hama (drums) is also striking. The atmosphere shifts when the band launches into a collective vocal section, almost a cappella. There’s a traditional, almost medieval quality to the sounds. When the guitar takes up a few thematic lines, the melody feels both epic and ancient. Then we’re back to the band’s powerful and mesmerising psychedelic rock, signalling that the concert is drawing to a close. But that’s without counting on the surprising compositions of Hibushibire, which treats us to a final track lasting over 20 minutes! The energy remains just as intense from start to finish. Indeed, the set concludes on a grand finale following a build-up of intensity rarely seen.

Mohamed Dali, alternativ taKen and La Bulle Café treated us to an exceptional evening. ATOKO and Hibushibire brought original, rarely heard sounds. These two bands have a distinct identity and delivered rich compositions in two different styles. We’d like to commend ATOKO’s performance, this was their debut gig and it was absolutely breathtaking. Hibushibire and their psychedelic rock completely captivated the audience, and we’ll definitely be rushing to see them again if we get the chance!

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