On connaissait déjà Oscar Les Vacances entouré de flamands roses, de souvenirs MSN, de fêtes d’école et de prophéties absurdes. Mais à force de fouiller dans son enfance, le Français finit par ouvrir la porte la plus importante de toutes : celle qui mène à son imaginaire. Avec 14 amis dans ma tête, Oscar nous invite à rencontrer tous ces personnages qui l’accompagnent depuis toujours. Des amis imaginaires aux vieilles peurs, des amours déçues aux souvenirs d’enfance, tout ce petit monde se bouscule dans un album pop, solaire et profondément nostalgique, disponible ce 25 septembre via Ovastand.
par Marye Davenne
English version below
Dès les premières secondes de « Aveu_01 », Oscar reprend une recette déjà familière. Les enregistrements bricolés, presque comme des messages laissés sur un répondeur, servent de porte d’entrée dans son univers. Une entrée en matière intime qui donne immédiatement l’impression d’être invité dans un coin secret de sa mémoire. Puis arrive « Seum Seum », premier véritable coup d’accélérateur. Rythmique entêtante, refrain qui s’incruste dans le cerveau dès la première écoute : Oscar y oppose l’idéal que l’on rêve au monde que l’on accepte souvent par facilité. Derrière sa légèreté apparente, le morceau porte ce regard critique et lucide que l’artiste glisse régulièrement dans ses chansons, sans jamais tomber dans le sermon.
Cette capacité à rendre lumineux les sujets du quotidien explose sur « Ouh Ouh ». Avec sa répétition de mots volontairement enfantine et son phrasé presque rappé en plein milieu du morceau, le titre ressemble à une invitation à lâcher prise. Oscar y célèbre les petits riens, les moments anodins qui rendent les journées plus belles. Le résultat est irrésistiblement joyeux, porté par cette bonne humeur contagieuse qui caractérise si bien ses concerts.
La chanson-titre constitue naturellement le cœur de l’album. « 14 amis dans ma tête » donne vie à tous ces êtres invisibles qui peuplent nos imaginaires d’enfants avant que l’âge adulte ne les pousse vers la sortie. Oscar refuse cette fatalité. Sur des sonorités qui évoquent autant les jouets que les souvenirs enfouis, il défend la créativité comme un acte de résistance face au sérieux du monde. Pour les trentenaires nourris aux dessins animés, aux consoles et aux après-midis sans contraintes, difficile de ne pas ressentir un pincement au cœur. Cette nostalgie n’empêche jamais l’album de se montrer ludique. « Le Méchant », que les habitués de ses concerts connaissent déjà depuis plusieurs années, en est un parfait exemple. Derrière son apparente simplicité, le morceau évoque la transmission de la violence et les cycles qui se répètent lorsque la méchanceté engendre la méchanceté. Un sujet lourd traité avec l’intelligence d’un artiste qui préfère la fable au discours frontal. Impossible également d’oublier les souvenirs de scène, lorsque le personnage de Jack poursuivait Oscar armé de son célèbre trident notamment lors de ses concerts en ouverture pour Julien Doré l’année dernière.
Ailleurs, « Cheval Cheval » lance un galop électro-pop dopé aux cuivres où l’on a presque l’impression de sentir le vent filer sur son visage. « Au Secours Les Vacances » rappelle quant à lui les grandes heures de « La Boum de fin d’année », avec cette même capacité à transformer les petites angoisses en hymnes fédérateurs. « Alexandre » renoue avec cette écriture très cinématographique qui nous rappelle sans mal une certaine chanson avec son ex qui habite sur le palier.
Mais tout n’est pas lumière dans 14 amis dans ma tête. « Fissa Fissa » vient assombrir le tableau avec une atmosphère plus inquiétante et nerveuse. Comme si certaines des créatures qui habitent l’esprit d’Oscar étaient moins rassurantes que les autres. Car derrière les grosses têtes en papier mâché et les couleurs pastel, l’album rappelle aussi que notre imaginaire est peuplé de peurs, de fantômes et de doutes. Le voyage se referme avec « Aveu_02 », miroir évident de l’introduction, avant le délicat « Tes mains ». En parallèle de l’album, Oscar développe l’expérience à travers un court-métrage sélectionné dans plusieurs festivals, mais aussi avec Chansons au coin du feu, un recueil de plus de trente morceaux à apprendre à la guitare ou au piano, illustré de dessins à colorier et de créations à la gouache.
Avec 14 amis dans ma tête, Oscar Les Vacances poursuit finalement ce qu’il fait de mieux : parler de choses profondément humaines avec les mots d’un enfant qui refuse de grandir complètement. Là où beaucoup considèrent l’imaginaire comme une étape à dépasser, lui le transforme en refuge, en terrain de jeu et même en acte de résistance. Dans un monde qui hurle de plus en plus fort, passer quarante minutes en compagnie de ses quatorze amis paraît finalement être une excellente idée.

Tracklist :
- Aveu_01
- Seum Seum
- Ouh Ouh
- 14 amis dans ma tête
- Soleil en Vrai
- ???
- Le Méchant
- Cheval Cheval
- Au Secours Les Vacances
- Salut Sarah
- Alexandre
- Fissa Fissa
- Aveu_02
- Tes mains
We were already familiar with Oscar Les Vacances, surrounded by flamingos, memories of MSN, school parties and absurd prophecies. But by delving deeper and deeper into his childhood, the Frenchman eventually opens the most important door of all: the one leading to his imagination. With 14 amis dans ma tête, Oscar invites us to meet all these characters who have been with him for as long as he can remember. From imaginary friends to old fears, from heartbreaks to childhood memories, this whole little world comes together in a pop album that’s sunny and deeply nostalgic, available on September 25th via Ovastand.
From the very first seconds of ‘Aveu_01’, Oscar returns to a familiar formula. The DIY recordings, almost like messages left on an answering machine, serve as a gateway into his world. An intimate introduction that immediately gives the impression of being invited into a secret corner of his memory. Then comes ‘Seum Seum’, the first real burst of energy. With a heady rhythm and a chorus that sticks in your head from the very first listen, Oscar contrasts the ideal we dream of with the world we often accept simply for the sake of convenience. Behind its apparent light-heartedness, the track carries that critical and lucid perspective which the artist regularly weaves into his songs, without ever sounding preachy.
This ability to bring everyday subjects to life really comes into its own on ‘Ouh Ouh’. With its deliberately childlike repetition of words and its almost rap-like delivery right in the middle of the track, the song feels like an invitation to let go. In it, Oscar celebrates the little things, the mundane moments that make our days more beautiful. The result is irresistibly joyful, carried by that infectious good humour that so perfectly characterises his live performances.
The title track is, naturally, the heart of the album. ‘14 amis dans ma tête’ brings to life all those invisible beings that populate our childhood imaginations before adulthood pushes them out. Oscar refuses to accept this inevitability. Set to sounds that evoke both toys and buried memories, he champions creativity as an act of resistance against the world’s seriousness. For thirty-somethings who grew up on cartoons, games consoles and carefree afternoons, it’s hard not to feel a twinge of nostalgia. Yet this nostalgia never prevents the album from remaining playful. ‘Le Méchant’, which regulars at his gigs have known for several years now, is a perfect example. Behind its apparent simplicity, the track explores the transmission of violence and the cycles that repeat themselves when malice begets malice. A weighty subject tackled with the intelligence of an artist who prefers fables to direct commentary. It’s also impossible to forget the memories of his live performances, when the character of Jack chased Oscar armed with his famous trident, notably during his support slots for Julien Doré last year.
Elsewhere, ‘Cheval Cheval’ sets off on an electro-pop gallop fuelled by brass, where you almost feel the wind whipping past your face. ‘Au Secours Les Vacances’, meanwhile, harks back to the heyday of ‘La Boum de fin d’année’, with that same ability to transform minor anxieties into unifying anthems. ‘Alexandre’ returns to that highly cinematic style of songwriting, easily bringing to mind a certain song about his ex who lives on the landing.
But it’s not all sunshine and roses on 14 amis dans ma tête. ‘Fissa Fissa’ casts a shadow over the picture with a more unsettling and edgy atmosphere. It’s as though some of the creatures inhabiting Oscar’s mind are less reassuring than others. For behind the large papier-mâché heads and pastel colours, the album also reminds us that our imagination is populated by fears, ghosts and doubts. The journey draws to a close with ‘Aveu_02’, a clear mirror image of the introduction, before the delicate ‘Tes mains’. Alongside the album, Oscar expands on the experience through a short film selected for several festivals, as well as with Chansons au coin du feu, a collection of over thirty songs to learn on the guitar or piano, illustrated with colouring pages and gouache artwork.
With 14 amis dans ma tête, Oscar Les Vacances ultimately continues to do what he does best: talking about profoundly human matters through the eyes of a child who refuses to grow up completely. Whilst many see the imagination as a phase to be outgrown, he transforms it into a refuge, a playground and even an act of resistance. In a world that’s getting louder and louder, spending forty minutes in the company of his fourteen friends ultimately seems like an excellent idea.
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