Après plusieurs années avec un line-up plutôt fixe, le collectif Allemand The Ocean a été largement remanié pour l’écriture d’un nouvel album, qui nous est arrivé dans les oreilles ce 25 septembre via Pelagic Records. Intitulé Solaris, titre qu’on imagine être une référence au film magistral du même nom de Tarkovski (1972), il quitte les ères géologiques pour un voyage sonore différent, aux confins du monde et de l’espace. Autant vous dire qu’on a hâte de vous en dire plus sur cette nouvelle mouture du projet post métal basé à Berlin.
par Victor BRUNERIE
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C’est d’ailleurs aux locaux de Pelagic Records que notre aventure commence avec le morceau « 52°30’11″N, 13°26’12″E » qui fait la part belle aux claviers puis à la guitare acoustique. Les voix mélangés des deux nouveaux vocalistes, à savoir Enrico Tiberi (The Shell Collector, Dark Side Bright Side) et Lane Shi (otay:onii) se font douce en cette fin de morceau avant de montrer leurs versatilités respectives sur « Departure Song ». Ce titre, bien que le départ de Loïc Rossetti nous attriste, montre à quel point ce choix de deux voix vient apporter un vent de fraicheur à la formation, tout en gardant cette puissance post métal évidente. Ce titre vient nous toucher au coeur et prouve que Robin Staps est toujours un compositeur de génie, et sait faire du talent des musiciens qui l’accompagne de véritables diamants musicaux. Sur le déjà mythique « Light Pollution », sorti il y a quelques temps, les guitares de Robin, Marco Gennaro (The Shell Collector, Dark Side Bright Side,…) et Emmanuel Jessua (Hypno5e) nous emportent pour un voyage entre post métal et influences prises dans des genres plus progressifs. Une pépite sonore qui vient renforcer notre admiration devant ce nouveau disque du projet berlinois. Le morceau « Simulacra », qui nous fait penser au livre Simulacre et Simulation de Jean Baudriard, est un véritable moment de bravoure. Entre les screams surpuissants de Enrico, les envolées vocales de Lane et les rythmiques changeantes de Mattias Hägerstrand à la basse et Jordi Farré (Crippled Black Phoenix) à la batterie on ne peut que se délecter de cette pièce de dix-sept minutes, qui passent sans qu’on s’en rende compte tant le morceau est magistral. On retrouve une puissance post métal brute sur « Belligerence », morceau déjà connu du public depuis quelques semaines également. Ici le groupe est au diapason une fois de plus et nous fait voyager avec force entre influences post métal, post hardcore même parfois et des incursion toujours plus prog qui viennent nous coller des frissons. L’ensemble formé par ce nouveau line up est d’une cohérence folle et la surprise nous frappe une fois de plus avec « Ultima Esperanza », qui vient montrer que chaque musicien a aussi le droit de poser son univers dans les morceaux, et ici difficile de ne pas ressentir celle d’Enrico évidemment mais aussi celle de Emmanuel avec des riffs et arrangements que Hypno5e ne renieraient pas. Les parties de claviers et autres programmations sont nombreuses sur l’album et laissent à Lane l’occasion de rapprocher l’univers de son projet de celui de The Ocean. C’est toujours aussi étonnant, mais finalement l’évolution a toujours été au coeur du projet mené par Robin. Le dernier titre « 51°28′30″S, 73°6′11″W » reste dans l’expérimentation et nous fait quitter cet univers musical riche du côté du Cero Balmaceda et de son lac avoisinant aux abords de la Terre De Feu, le tout avec des étoiles plein les oreilles.
On a fait le tour du globe et même des cieux avec ce Solaris de The Ocean. Que dire à part que la réinvention est totale, même si elle garde la substantifique meolle de ce qui fait de The Ocean un projet à part. Les subtilités se découvriront au fil des écoutes, mais force est de constater que le projet berlinois vient de nous proposer un des albums les plus impressionnants de l’année. Bravo et longue vie à cette nouvelle mouture de The Ocean!

Tracklist :
01 : 52°30’11″N, 13°26’12″E
02 : Departure Song
03 : Light Pollution
04 : Simulacra
05 : Belligerence
06 : Ultima Esperanza
07 : Milk Of My Dream
08 : 51°28′30″S, 73°6′11″W
After several years with a fairly stable line-up, the German collective The Ocean has undergone a major reshuffle to write a new album, which reached our ears on September 25th via Pelagic Records. Entitled Solaris, a title we imagine to be a reference to Tarkovsky’s masterful film of the same name (1972), it leaves the geological eras behind for a different sonic journey, to the far reaches of the world and space. Suffice to say, we can’t wait to tell you more about this new incarnation of the Berlin-based post-metal project.
In fact, it’s at Pelagic Records’ premises that our journey begins with the track “52°30’11‘N, 13°26’12’E”, which gives centre stage to the keyboards and then the acoustic guitar. The blended vocals of the two new singers, Enrico Tiberi (The Shell Collector, Dark Side Bright Side) and Lane Shi (otay:onii), take on a gentle tone towards the end of this track before showcasing their respective versatility on “Departure Song”. This track, whilst we are saddened by Loïc Rossetti’s departure, demonstrates just how much this choice of two vocalists breathes new life into the band, whilst retaining that unmistakable post-metal power. It touches our hearts and proves that Robin Staps remains a genius composer, capable of turning the talent of the musicians accompanying him into true musical gems. On the already legendary “Light Pollution”, released some time ago, the guitars of Robin, Marco Gennaro (The Shell Collector, Dark Side Bright Side, etc.) and Emmanuel Jessua (Hypno5e) take us on a journey blending post-metal with influences drawn from more progressive genres. A musical gem that only serves to deepen our admiration for this new release from the Berlin-based project. The track “Simulacra”, which brings to mind Jean Baudrillard’s book Simulacra and Simulation, is a true moment of brilliance. Between Enrico’s powerful screams, Lane’s soaring vocals and the shifting rhythms of Mattias Hägerstrand on bass and Jordi Farré (Crippled Black Phoenix) on drums, one cannot help but revel in this seventeen-minute track, which flies by before you realise it, such is the track’s mastery. We find raw post-metal power on “Belligerence”, a track the audience has also been familiar with for a few weeks now. Here, the band is once again in perfect harmony, taking us on a powerful journey through post-metal and even post-hardcore influences at times, alongside increasingly progressive elements that send shivers down our spines. This new line-up is incredibly cohesive, and we’re once again taken by surprise with “Ultima Esperanza”, which demonstrates that every musician has the right to bring their own creative vision to the tracks; here, it’s hard not to sense Enrico’s influence, of course, but also Emmanuel’s, with riffs and arrangements that Hypno5e would be proud of. There are plenty of keyboard parts and other programmed elements on the album, giving Lane the opportunity to bring the sound of her project closer to that of The Ocean. It’s as astonishing as ever, but ultimately, evolution has always been at the heart of Robin’s project. The final track, “51°28′30″S, 73°6′11″W”, remains experimental and takes us from this rich musical universe to the realm of Cero Balmaceda and its neighbouring lake on the outskirts of Tierra del Fuego, all whilst our ears are filled with stars.
We’ve travelled round the globe and even through the heavens with this Solaris by The Ocean. What can one say except that it’s a complete reinvention, even whilst retaining the very essence of what makes The Ocean such a unique project. The subtleties will reveal themselves with repeated listens, but it’s clear that the Berlin-based project has just delivered one of the most impressive albums of the year. Well done, and long live this new incarnation of The Ocean!