Il pleuviote un peu, mais une petite foule sympathique commence à arriver dès l’ouverture des portes de la Brat Cave et ça fait plaisir. Ce soir, deux groupes de Paris : Embers & Sex Shop Mushrooms, et un groupe bien de chez nous Sungrave. Organisée par Icarus Prod, on vous raconte cette soirée qui sent bon les nineties.
Article par Justine
Photos par Victor Brunerie
English version below
Embers monte sur scène pour réchauffer la Brat. Il y fait déjà bon, mais on sait déjà que la température va monter d’un cran très rapidement. Pour rappel, Embers est un projet en duo composé de Julien (chant/batterie) et Tibo (chant/basse). Pour le live et afin de mieux retransmettre toute la puissance de leur musique, ils s’entourent de musiciens tout aussi talentueux. Boris (Parlor), à la basse et Thomas à la batterie. Le quatuor nous offreune très belle prestation. Les riffs sont extrêmement efficients, avec des lignes de guitares envoûtantes, une basse massive et une batterie efficace. On est touchés par les textes qui parlent d’introspection, d’espoir, de perte, de résilience. Le tout est évidemment sublimé par la prestation vocale de Julien, tout en délicatesse et force. Le set alterne entre douceur et énergie, mêlant un rock lourd et une ambiance plus post. C’est beau, excellemment exécuté. Tous sont complètement happés par ce qu’ils jouent, ils sont habités et en symbiose. Julien balancera quelques mots sur la situation actuelle du monde et sur le fait qu’il faut rester soudé, se battre et continuer d’espérer à un monde meilleur. C’est beau à voir et ça pense les blessures du cœur.
C’est ensuite au tour des Lillois de Sungrave de prendre place. Il commence à faire chaud dans la Brat Cave qui s’est re-remplie. Les 4 comparses balancent leurs riffs et le duo basse/batterie de Lionel et Roch est hyper accrocheur, groovy tandis que Pierre et sa guitare décharge une énergie électrique et mastoc. Le public commence directement à bouger sur ces rythmiques très typées rock années 90/2000 et reprend les paroles en chœur. Émilien au chant, vit son moment à fond et pousse sa voix quelque peu granuleuse et éraillée parfois pour un effet bien grunge (et honnêtement, on a mal aux cordes vocales pour lui.) Les quelques screams qu’il balance sont excellents et donnent encore plus l’envie de bouger. Il est hyper expressif, joue avec les photographes et le public en offrant des sourires et des grimaces en tout genre. Un petit kiddo au premier rang, filme et prend des photos en observant la gestuelle des photographes présents. C’est absolument adorable. Le rock a encore frappé et peut-être donnera-t-il des idées de vocations. L’énergie est telle que quelques légers pogos sont lancés de-ci, de là (c’était surtout un type ivre qui n’avait pas compris que les gens étaient là pour kiffer tranquillement le set et simplement danser et headbanger fort). Pour Sungrave aussi, quelques mots ont été glissés sur la situation actuelle, notamment sur le génocide en cours et ses mots furent acclamés. Le concert est passé très vite, le public est désormais bouillant, conquis et ça se ressent dans la salle.
Il fait une chaleur monstre pour l’arrivée de Sex Shop Mushrooms et l’ambiance est survoltée dès les premiers riffs. Thimothé, au chant et à la guitare, avec son pied plâtré, bouge comme il peut sur scène en clopinant. On a mal pour lui, mais il donne tout ce qu’il peut et c’est hyper révélateur de la passion qu’il voue à son art. Afin qu’il puisse se poser un peu, un tabouret a été installé sur scène, ça nous rassure pour lui car on voit qu’à certains moments ça n’a pas l’air d’être simple. Pour autant, il ne lâche rien. Sa voix est envoûtante, prenante, écorchée vive. Sa guitare couplée a celle de Victor donne une énergie folle. Ici aussi, le duo basse/batterie de Cyprien et Giulia est monstrueux. Et quel plaisir de voir une meuf si badass derrière les fûts. Sa frappe est puissante, maîtrisée à la perfection. Le quatuor s’éclate, l’énergie est hyper communicative. Le public danse, chante et popote enfin ! Tout le monde semble transcender par leur punk/grunge détonnant et hyper brut. Les guitares sont incisives, saturées, les sections rythmiques lourdes et ravageuses. On sent la rage de vivre, l’envie de tout donner et de transmettre cette énergie électrique qui est extrêmement bien reçue et rendue par l’auditoire. Ce set est une espèce de communion entre eux et nous et c’est galvanisant à souhait. Iels parleront aussi politique et quel plaisir de voir des artistes engagé.e.s. Parce qu’on le rappelle, tout est politique et il est important d’utiliser sa voix afin de combattre les horreurs commises partout dans le monde. La fin de set arrive, le groupe salue chaleureusement le public. Giulia prendra quelques secondes le micro afin de rappeler l’importance et l’urgence que les meufs prennent la place sur scène et est acclamée pour ce court discours hyper important. En guise d’au revoir, iels reçoivent des applaudissements tonitruants et c’est clairement mérité.
Entre textes introspectifs, politiques et engagés et riffs ravageurs de tous les côtés, cette soirée à redonné des points de vie et surtout a redonné fois en l’humanité. Merci le rock pour la tartine de kiffe.
Un grand merci à Icarus Prod de nous avoir laissé être partenaires de cette belle date, pour les invitations et pour l’organisation de cette soirée et à toute l’équipe de La Brat Cave pour l’accueil.
It’s drizzling a bit, but a small, friendly crowd starts to arrive as soon as the doors to the Brat Cave open, which is great to see. Tonight, two bands from Paris: Embers & Sex Shop Mushrooms, and a local band, Sungrave. Organised by Icarus Prod, here’s our account of this evening with a distinct ’90s vibe.
Review by Justine
Pictures by Victor Brunerie
Embers take to the stage to warm up the Brat. It’s already cosy in there, but we know the temperature’s going to rise a notch very quickly. As a reminder, Embers are a duo consisting of Julien (vocals/drums) and Tibo (vocals/bass). For their live set, and to better convey the full power of their music, they’re joined by equally talented musicians: Boris (Parlor) on bass and Thomas on drums. The quartet deliver a superb performance. The riffs are incredibly effective, with spellbinding guitar lines, a massive bass sound and driving drums. We’re moved by the lyrics, which speak of introspection, hope, loss and resilience. The whole thing is, of course, elevated by Julien’s vocal performance, which is both delicate and powerful. The set alternates between gentleness and energy, blending heavy rock with a more post-rock atmosphere. It’s beautiful and excellently executed. Everyone is completely absorbed in what they’re playing; they’re fully immersed and in perfect harmony. Julien says a few words about the current state of the world and the need to stick together, fight on and keep hoping for a better world. It’s a beautiful sight and it soothes the wounds of the heart.
Next up are Sungrave from Lille. Things are starting to heat up in the Brat Cave, which has filled up again. The four bandmates unleash their riffs, and the bass/drums duo of Lionel and Roch is incredibly catchy and groovy, whilst Pierre and his guitar unleash a massive, electric energy. The crowd immediately starts moving to these rhythms, which are very much in the style of 90s and 2000s rock, and sing along in unison. Émilien on vocals is living the moment to the full, pushing his somewhat grainy and occasionally raspy voice to create a proper grunge effect (and honestly, our vocal cords ache just for him). The few screams he lets rip are excellent and make you want to move even more. He’s incredibly expressive, playing along with the photographers and the crowd by flashing all sorts of smiles and pulling all manner of faces. A little lad in the front row is filming and taking photos whilst watching the photographers at work. It’s absolutely adorable. Rock has struck again, and perhaps it’ll inspire some future careers. The energy is such that a few light mosh pits break out here and there (it was mainly a drunk bloke who hadn’t realised that people were there to quietly enjoy the set and simply dance and headbang hard). Sungrave also said a few words about the current situation, particularly the ongoing genocide, and his remarks were met with cheers. The concert flew by; the audience is now buzzing with excitement and completely won over, and you can really feel it in the venue.
It’s sweltering by the time Sex Shop Mushrooms take to the stage, and the atmosphere is electric from the very first riffs. Thimothé, on vocals and guitar, with his foot in a plaster cast, moves about the stage as best he can, hobbling along. We feel for him, but he’s giving it his all, and it really shows the passion he has for his art. To give him a chance to rest a bit, a stool has been set up on stage; it’s a relief for us to see this, as it’s clear at times that it’s no easy feat. Even so, he doesn’t let up. His voice is spellbinding, gripping, raw and raw. His guitar, combined with Victor’s, creates a wild energy. Here too, the bass/drums duo of Cyprien and Giulia is phenomenal. And what a pleasure to see such a badass woman behind the drums. Her playing is powerful and perfectly controlled. The quartet are having a blast; the energy is incredibly infectious. The crowd are dancing, singing and finally letting their hair down! Everyone seems to be transported by their explosive, raw punk/grunge sound. The guitars are sharp and distorted, the rhythm section heavy and devastating. You can feel their zest for life, their desire to give it their all and to convey that electric energy, which is extremely well received and reciprocated by the audience. This set is a kind of communion between them and us, and it’s utterly galvanising. They’ll also talk about politics? and what a pleasure it is to see artists who are socially engaged. Because, let’s not forget, everything is political, and it’s important to use your voice to combat the horrors committed all over the world. As the set draws to a close, the band gives the audience a warm send-off. Giulia takes the mic for a few seconds to emphasise the importance and urgency of women taking their place on stage, and is cheered for this brief but hugely significant speech. As a farewell, they receive thunderous applause, which is clearly well deserved.


































