Le mercredi 28 octobre dernier, la Cave aux Poètes à Roubaix accueillait une affiche placée sous le signe des musiques industrielles et électroniques avec le duo lillois Brutal Beatnik et le trio bisontin Horskh. Entre expérimentations, metal industriel et electro, la salle roubaisienne s’apprêtait à trembler de toutes parts !
Article et photos par Victorien Fièvre
English version below
Le concert débute par une immersion sonore inquiétante qui plante d’emblée le décor pour les quarante-cinq minutes de set de Brutal Beatnik. Derrière sa console, le duo, composé de la très prolifique Elya Bernard (Deûle, Sunwell, Otto Ruth, Death By Fog….) et Méconium, cultive le mystère, le visage dissimulé derrière de sobres masques blancs dont l’un, celui d’Elya, laisse apparaître une coulée noire au niveau de la bouche. Alliant witch house, digital hardcore et deep industrial core, leur formule mêle séquences électro, interventions vocales mystiques de la chanteuse et quelques riffs de guitare joués par son acolyte. Si l’univers proposé possède une vraie identité visuelle et quelques passages entraînants, l’ensemble repose sur des boucles assez hypnotiques et linéaires qui peuvent parfois avoir du mal à se renouveler sur la longueur. Dans la fosse, l’accueil reste essentiellement contemplatif, le public hochant légèrement la tête au gré de la rythmique.
La température monte d’un cran lorsque Horskh débarque sur scène pour un set qui s’annonce bouillant ! En effet, pas le temps de respirer : dès les premières secondes de « Tension » (Body, 2024) et « Hyperhuman » (MTNT, 2026), le trio lâche tout d’entrée avec son metal industriel agrémenté d’electro et de grunge. Au-delà de la puissance musicale, l’intensité physique est, elle aussi, bien présente. Tandis que la peinture corporelle rouge du batteur se mêle à la sueur au fil des morceaux jusqu’à donner l’illusion du sang, les trois musiciens se donnent corps et âme, portés par Bastien Hennaut, le chanteur, absolument électrique, courant et bondissant d’un bout à l’autre de la scène. Le groupe aime également soigner sa mise en scène, à l’image de cette séquence martiale de deux minutes sur « Glow », où vocaliste et guitariste tambourinent à l’unisson.
Pour cette première fois à Roubaix, et après avoir déjà enflammé des salles à Lille et Wasquehal, la connexion est une nouvelle fois totale avec une fosse survoltée secouant frénétiquement la tête sans relâche. La tension passe encore à la vitesse supérieure lorsque, sur « Interface », le frontman plonge au cœur du public pour séparer la foule en deux et déclencher un wall of death dans la Cave aux Poètes ! Ce n’est pas tout, puisque le trio renchérit de plus belle avec une reprise explosive du classique « Breathe » de The Prodigy, attisant une nouvelle fois l’ardeur des spectateurs. La lourdeur dévastatrice de « Trying More » (Wire, 2021), suivie de « Connected », plus synthwave et créé avec Carpenter Brut, referment en apothéose un set dantesque.
Après une mise en jambe mystique et expérimentale assurée par Brutal Beatnik, Horskh a littéralement retourné la Cave aux Poètes, mettant à l’honneur son nouveau disque MTNT chroniqué dernièrement dans nos colonnes. Portée par une énergie scénique contagieuse et une communion indéniable avec la fosse, la formation signe à Roubaix une prestation explosive qui laisse derrière elle un public conquis (et rincé) qui en redemandait encore après les dernières notes !
Un grand merci à Juliette pour l’accréditation, à La Cave Aux Poètes pour l’organisation de cette belle soirée et à toute l’équipe pour l’accueil.
On Wednesday October 28, the Cave aux Poètes in Roubaix hosted a line-up centred on industrial and electronic music, featuring the Lille-based duo Brutal Beatnik and the Besançon-based trio Horskh. With a mix of experimental sounds, industrial metal and electro, the venue in Roubaix was set to shake from top to bottom!
Review and pictures by Victorien Fièvre
The concert begins with an unsettling soundscape that immediately sets the scene for Brutal Beatnik’s forty-five-minute set. Behind their mixing desk, the duo, comprising the highly prolific Elya Bernard (Deûle, Sunwell, Otto Ruth, Death By Fog…) and Méconium, cultivates an air of mystery, their faces concealed behind simple white masks, one of which, Elya’s, reveals a black streak around the mouth. Blending witch house, digital hardcore and deep industrial core, their sound combines electro sequences, the singer’s mystical vocal interludes and a few guitar riffs played by her friend. Whilst the world they create possesses a distinct visual identity and features some catchy passages, the whole performance relies on fairly hypnotic and linear loops that can sometimes struggle to maintain their freshness over the course of the set. Down in the pit, the reception remains largely contemplative, with the audience nodding their heads slightly in time with the beat.
The temperature rises a notch when Horskh take to the stage for what promises to be a blistering set! Indeed, there’s no time to catch your breath: from the very first seconds of “Tension” (Body, 2024) and “Hyperhuman” (MTNT, 2026), the trio go all out right from the start with their industrial metal, infused with electro and grunge. Beyond the musical power, the physical intensity is also very much in evidence. Whilst the drummer’s red body paint mixes with sweat as the songs progress, creating the illusion of blood, the three musicians give their all, led by Bastien Hennaut, the absolutely electrifying frontman, who runs and leaps from one end of the stage to the other. The band also takes great care with their stage presence, as demonstrated by that two-minute martial sequence on “Glow”, where the vocalist and guitarist drum in unison.
For their first-ever show in Roubaix, having already set venues alight in Lille and Wasquehal, the connection is once again total, with an electrified crowd frantically headbanging non-stop. The energy levels were ramped up yet further when, during “Interface”, the frontman plunged into the heart of the audience to split the crowd in two and spark a wall of death in the Cave aux Poètes! But that wasn’t all, as the trio went one better with an explosive cover of The Prodigy’s classic “Breathe”, once again whipping the audience into a frenzy. The devastating heaviness of “Trying More” (Wire, 2021), followed by “Connected », a more synthwave-inspired track created with Carpenter Brut, brings this epic set to a spectacular close.
Following a mystical and experimental warm-up provided by Brutal Beatnik, Horskh literally turned the Cave aux Poètes upside down, showcasing their new album MTNT, which we recently reviewed in these pages. Driven by infectious stage energy and an undeniable connection with the crowd, the band delivered an explosive performance in Roubaix, leaving behind a captivated (and exhausted) audience who were still clamouring for more even after the final notes had faded!
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