Un an après le premier volume, XIII Amer revient avec Morsure de l’Aube Vol. 2, prévu pour ce 23 juin en autoproduction. Plus qu’une simple suite, ce deuxième volet donne l’impression d’un projet qui a pris en profondeur et en ampleur, nourri par les rencontres et les collaborations. Violoncelle, violon, saxophone, trompette, flûte, batteries, voix invitées… derrière ces quinze titres se cache toute une constellation d’ami·es et d’artistes qui viennent enrichir et compléter l’univers déjà singulier de XIII Amer.
par Zo‘
English version below
L’album s’ouvre avec « JE SUIS MORT HIER », une introduction de moins d’une minute qui nous plonge immédiatement dans son monde. Une guitare électrique se mêle progressivement au rythme et installe cette ambiance à la fois sombre, tendue et frénétique qui ne nous quittera plus vraiment. « LA VIE HARDKORE » prend le relais avec un violoncelle, par Simon Lannoy, qui ajoute une dimension dramatique à la production. Le refrain, porté par la question « et comment ça va toi, qu’est-ce que t’oublie le soir ? », vient presque hanter le morceau. L’intensité ne cesse de grandir jusqu’à un final instrumental à la fois chaotique et étonnamment doux.
Avec « WELCOME », XIII Amer semble se présenter un peu plus directement. La production se fait plus discrète pour laisser toute la place au texte. Le morceau penche davantage vers le rap pur et permet à sa voix de porter pleinement son propos. La conclusion sur « Dépense, dépense ta thune, on est que des matricules » résonne immédiatement comme une phrase destinée à être reprise en chœur en concert. Ensuite « CE SOIR » apporte un premier moment de calme. Le violoncelle revient y déposer une couche de nostalgie tandis que le morceau semble porter un message plus lumineux. Pourtant, comme souvent chez XIII Amer, le calme ne reste jamais totalement intact. Les questions s’accumulent, l’intensité monte progressivement et finit par rattraper la douceur du départ.
Au milieu de cette première partie, « STORM » offre une respiration bienvenue. La voix de SØNJA apporte des couleurs moyen-orientales et nord-africaines qui enrichissent encore davantage le morceau et l’ensemble de ce deuxième volume. Malgré les teintes froides du clip, la chanson reste l’un des moments les plus doux du projet, comme une parenthèse suspendue avant de replonger dans les tourments qui traversent l’album. Le contraste est immédiat avec « J’VEUX PAS REJOINDRE LES ANGES ». Plus rugueux dans son introduction, le morceau bascule ensuite dans un univers électro surprenant. Les passages instrumentaux où l’electro disparaît presque et les moments où la voix reprend le dessus semblent presque appartenir à deux mondes différents, mais l’ensemble fonctionne parfaitement. Cette capacité à mélanger les textures et les influences devient d’ailleurs l’une des grandes forces du projet. « DERNIÈRE MARÉE » s’ouvre sur une guitare acoustique rapidement rejointe par une beatbox qui apporte une couche sonore originale. La nostalgie d’une relation passée s’y mêle à des réflexions plus larges, tandis que le morceau gagne doucement en ampleur. Puis arrive « SOUS 808 », plus brut, plus grunge, plus hanté, presque dénué d’artifices, il expose à nu cette « rage qu’on garde et qui nous crame ».
Déjà dévoilé en amont de la sortie, « J’AVAIS PAS COMPRIS LE MONDE » reste l’un des moments les plus marquants de l’album. La sincérité qui s’en dégage frappe immédiatement. Là où d’autres morceaux choisissent la colère ou la tension, celui-ci préfère une approche plus rêveuse et presque éthérée. La production laisse respirer les émotions et accompagne parfaitement cette honnêteté désarmante.
Avec « STOP », l’électro reprend de l’espace. Malgré un tempo relativement lent, le refrain apporte une énergie irrésistible qui donne envie de bouger. Les paroles, elles, restent ancrées dans quelque chose de plus sombre : « faut que j’arrête cette merde, des années que ça traîne, des neurones en l’air, j’ai peur de perdre ce que j’aime ». Ce mélange entre envie de danser et malaise intérieur traverse une grande partie de l’album.
« JE SAIS PLUS », porté par le violon de Félix Gerbelot, laisse une nouvelle fois le texte prendre toute la place. Les notes courtes et saccadées installent une tension particulière tandis que la phrase « je sais plus comment on s’aime » reste suspendue au-dessus du morceau. Dès les premières notes impossible de ne pas repenser au morceau « J’suis pas mort si j’essaie » de MDNS qui nous a aussi marquer en début d’année.
L’album continue de s’assombrir avec « J’ÉCOUTE TOMI À LA GUITARE ». Entre influences industrielles, textures grunge et explosion électro finale, le morceau donne l’impression d’un esprit saturé où plusieurs voix se bousculeraient en permanence. Cette sensation se poursuit sur « COMMENT FAIRE », court mais intense, qui démarre calmement avant d’exploser sous le poids de la rage et du doute. « Mais comment faire pour pas s’y perdre ? » devient alors une question centrale. L’avant-dernier morceau, « LES OISEAUX FROISSÉS », accueille LAIV à la voix et EOLO au saxophone. Celui-ciapporte une légère touche jazz venant illuminer cette ambiance mélancolique sans jamais réellement la dissiper, c’est comme la lueur d’un monde qui continue de brûler.
Enfin, « WAIT AND SEE » referme l’album sans un mot. Les oiseaux, le bruit de la marée et cette atmosphère sombre et anxiogène donnent l’impression que tout se désagrège lentement sous nos yeux. Les derniers sons évoquent presque des pixels qui disparaissent un à un, laissant deviner qu’un nouveau niveau est déjà en préparation.
Avec Morsure de l’Aube Vol. 2, XIII Amer livre un album dense, cohérent et pourtant particulièrement varié. Les thèmes des relations, du rapport à soi-même, du rapport au monde de la consommation d’alcool ou de drogues s’y croisent naturellement, tout comme les références musicales qui jalonnent le projet. Surtout, ce disque rappelle l’importance d’être bien entouré. Derrière chaque morceau se ressent la présence des ami·es et collaborateurs/collaboratrices qui ont participé à sa construction. Il ne reste désormais plus qu’à attendre les premières dates pour découvrir ces chansons sur scène… et souhaiter un peu de répit à ses voisins (pour le moment).

Tracklist :
1- JE SUIS MORT HIER
2- LA VIE HARDKORE
3- WELCOME
4- CE SOIR
5- STORM – feat SØNJA
6- J’VEUX PAS REJOINDRE LES ANGES
7-DERNIÈRE MARÉE
8- SOUS 808
9- J’AVAIS PAS COMPRIS LE MONDE
10- STOP
11- JE SAIS PLUS
12- J’ÉCOUTE TOMI À LA GUITARE
13- COMMENT FAIRE
14- LES OISEAUX FROISSÉS – feat LAIV & EOLO
15- WAIT AND SEE
A year after the first volume, XIII Amer returns with Morsure de l’Aube Vol. 2, due out on June 23rd as a self-released album. More than just a sequel, this second instalment feels like a project that has gained depth and breadth, fuelled by encounters and collaborations. Cello, violin, saxophone, trumpet, flute, drums, guest vocals… behind these fifteen tracks lies a whole constellation of friends and artists who enrich and complement XIII Amer’s already unique universe.
by Zo‘
The album opens with “JE SUIS MORT HIER”, an intro lasting less than a minute that plunges us straight into his world. An electric guitar gradually blends with the rhythm, establishing that atmosphere, at once dark, tense and frenetic, which will never really leave us. “LA VIE HARDKORE” takes over with a cello, played by Simon Lannoy, which adds a dramatic dimension to the production. The chorus, driven by the question “and how are you, what do you forget at night?”, almost haunts the track. The intensity keeps building until an instrumental finale that is both chaotic and surprisingly gentle.
With “WELCOME”, XIII Amer seems to present himself a little more directly. The production takes a back seat to give the lyrics centre stage. The track leans more towards pure rap and allows his voice to fully convey his message. The closing line – “Spend, spend your cash, we’re just numbers” – immediately strikes a chord as a phrase destined to be sung in unison at concerts. Next, “CE SOIR” brings a first moment of calm. The cello returns to lay down a layer of nostalgia, whilst the track seems to carry a brighter message. Yet, as is often the case with XIII Amer, the calm never remains entirely intact. Questions pile up, the intensity gradually rises and eventually overtakes the gentle opening. Halfway through this first section, “STORM” offers a welcome breather. SØNJA’s vocals bring Middle Eastern and North African flavours that further enrich the track and this second volume as a whole. Despite the cool tones of the music video, the song remains one of the project’s most tender moments, like a suspended interlude before plunging back into the turmoil that runs through the album. The contrast is immediate with “J’VEUX PAS REJOINDRE LES ANGES”. Rougher in its introduction, the track then shifts into a surprising electro soundscape. The instrumental passages where the electro almost fades away and the moments when the vocals take over seem almost to belong to two different worlds, yet the whole thing works perfectly. This ability to blend textures and influences is, in fact, one of the project’s great strengths. “DERNIÈRE MARÉE” opens with an acoustic guitar, quickly joined by a beatbox that adds an original layer of sound. Nostalgia for a past relationship intertwines with broader reflections, whilst the track gently builds in intensity. Then comes “SOUS 808”—rougher, grungier, more haunting, almost devoid of artifice—which lays bare that “rage we hold inside that burns us up”.
Already unveiled ahead of the album’s release, “J’AVAIS PAS COMPRIS LE MONDE” remains one of the album’s most striking moments. The sincerity that emanates from it is immediately striking. Whilst other tracks opt for anger or tension, this one favours a more dreamy, almost ethereal approach. The production allows the emotions to breathe and perfectly complements this disarming honesty.
With “STOP”, the electro sound takes centre stage once more. Despite a relatively slow tempo, the chorus brings an irresistible energy that makes you want to move. The lyrics, however, remain rooted in something darker: “I’ve got to stop this crap, it’s been dragging on for years, my brain’s all over the place, I’m scared of losing what I love”. This blend of the urge to dance and inner unease runs through much of the album.
“JE SAIS PLUS”, carried by Félix Gerbelot’s violin, once again lets the lyrics take centre stage. The short, jerky notes create a distinct tension, whilst the line “I don’t know how we love each other anymore” hangs suspended over the track. From the very first notes, it’s impossible not to think back to MDNS’s track “J’suis pas mort si j’essaie”, which also made a big impression on us earlier this year.
The album continues to take a darker turn with “J’ÉCOUTE TOMI À LA GUITARE”. With its blend of industrial influences, grunge textures and a final electro explosion, the track conveys the impression of an overloaded mind where multiple voices are constantly jostling for attention. This feeling carries over into “COMMENT FAIRE”, a short but intense track that begins calmly before exploding under the weight of rage and doubt. “But how can we avoid getting lost in it all?” then becomes a central question. The penultimate track, “LES OISEAUX FROISSÉS”, features LAIV on vocals and EOLO on saxophone. The latter brings a subtle touch of jazz that illuminates this melancholic atmosphere without ever truly dispelling it; it’s like the glow of a world that continues to burn.
Finally, “WAIT AND SEE” brings the album to a close without a word. The birds, the sound of the tide and this dark, anxiety-inducing atmosphere give the impression that everything is slowly falling apart before our very eyes. The final sounds almost evoke pixels disappearing one by one, hinting that a new level is already in the making.
With Morsure de l’Aube Vol. 2, XIII Amer delivers an album that is dense, cohesive and yet remarkably varied. Themes of relationships, one’s relationship with oneself, and one’s relationship with the world of alcohol and drug use intertwine naturally, as do the musical references that punctuate the project. Above all, this record reminds us of the importance of being surrounded by the right people. Behind every track, you can sense the presence of the friends and collaborators who helped bring it to life. All that remains now is to wait for the first tour dates to discover these songs live… and to wish their neighbours a bit of respite (for the time being).