#Live : Zemofest V @ Skate Park, Hazebrouck – 13/06/2026

Pour sa cinquième édition, Coal Strike Booking, Zickasst’Heur et Bricks, en partenariat avec le centre socio-éducatif d’Hazebrouck, donnaient rendez-vous au Skate Park ce 13 juin pour une journée placée sous le signe de la musique et du skate avec le Zemofest. Après une édition en intérieur en 2025, le festival retrouvait son terrain de jeu en plein air, avec pas moins de six groupes à l’affiche : November, The Last Mile, Die With It, Third Impact, Nothing For Free et Tanguy The Virgin.

Article par Marye DAVENNE

Photos par JB

English version below


Les festivités débutaient dès 16h avec un « Cash For Tricks Skate » orchestré par Agony Skateboards et Salv. L’occasion idéale d’attirer de nombreux jeunes du coin et de mêler ride et musique dans une ambiance conviviale. Les participants enchaînent figures et tentatives, encouragés par un public déjà bien présent. À quelques mètres de là, la scène s’anime à son tour pour lancer les premiers concerts.

Tanguy The Virgin ouvrent le bal. Le groupe hazebrouckois se présente exceptionnellement en trio ce jour-là : leur batteur Antoine étant absent, c’est le guitariste-chanteur Hugo qui prend place derrière les fûts, micro à portée de voix. Une photo du batteur trône malgré tout sur scène, comme un clin d’œil pour ne pas l’oublier. Si cette configuration implique une guitare en moins, l’énergie, elle, reste intacte. Après une première mise en bouche plutôt calme, le groupe hausse rapidement le ton : riffs grungy, intensité croissante et premiers screams viennent dynamiter l’atmosphère. Mention spéciale à Louis, à la basse, qui s’amuse à jouer du thérémine avec son pied, ajoutant une touche originale et décalée. Le plaisir de jouer est évident, communicatif même, et le public se laisse embarquer dans cet univers alternatif aux accents punk. Le dernier morceau, chanté en français, vient conclure le set avec une belle intensité rock et une accélération finale redoutable. Une entrée en matière réussie et une belle découverte pour lancer la journée.

Place ensuite à Nothing For Free. Les Nordistes, originaires de Maubeuge, sont de retour avec leur énergie contagieuse, peu de temps après la sortie de leur album Sailing Among The Lost Souls en mai dernier. Fidèle à sa réputation, le quintet met tout en œuvre pour offrir un moment fédérateur. Entre influences pirates, touches de western dans certains riffs et une bonne dose de punk rock, le groupe installe une ambiance festive qui fait mouche. Le public, encore un peu timide, est rapidement invité à se rapprocher de la scène par le chanteur, et finit par se laisser prendre au jeu. Sur scène, les musiciens se chambrent autant entre eux qu’avec les spectateurs, créant un lien immédiat et sincère. Difficile de ne pas afficher un large sourire face à cette énergie communicative : les « oh oh » repris en chœur achèvent de rassembler tout le monde dans une même dynamique. Nothing For Free, c’est cette sensation d’un après-midi entre potes, simple et efficace, mais terriblement agréable. Et ça fonctionne à chaque fois.

Changement radical d’ambiance avec Third Impact, que l’on retrouve à peine quelques jours après leur passage au Couvent de Roubaix. Cette fois, place à un death metal frontal, bien plus massif et nettement moins dansant que ce que proposaient les groupes précédents. L’immersion est immédiate : sonorités lourdes, riffs tranchants et atmosphère plus sombre s’imposent sans détour. Ce côté dark se reflète aussi dans leurs prises de parole, à l’image de cette déclaration grinçante : « On vous aime de tout notre cœur, mais dans le cœur, il y a du sang… et je veux le voir sortir. » Une touche provocatrice qui colle parfaitement à l’esthétique du groupe. Face à eux, le public ne tarde pas à réagir : les side-to-side se mettent en place et l’énergie monte d’un cran. Mention spéciale au son, nettement meilleur que lors de leur précédent passage le mois dernier, ce qui permet d’apprécier pleinement la puissance de leur set. Third Impact en profite pour rejouer ses reprises de Fatal Realm et On Broken Wings, toujours aussi efficaces en live. Un set solide et prometteur, qui confirme tout le potentiel du groupe.

Entre la déferlante Third Impact et le virage plus punk de The Last Mile, place aux Belges de Die With It pour un passage aussi intense qu’éclair. Douze minutes chrono, pas une de plus, mais largement de quoi marquer les esprits. Ici, pas de fioritures : un hardcore brut, direct, fidèle à l’efficacité redoutable de la scène belge. Le groupe enchaîne sans temps mort, balance ses morceaux avec une énergie sèche et percutante. Malgré la courte durée du set, le public répond présent : certains connaissent déjà bien les paroles et n’hésitent pas à se faire entendre, preuve que le groupe a déjà su trouver son audience. L’ambiance prend rapidement, compacte, sincère, sans artifices. C’est rapide, intense, et forcément un peu frustrant tant on en aurait bien repris une dose. Mais parfois, il suffit de quelques minutes bien envoyées pour laisser une vraie impression et Die With It l’a parfaitement compris.

Direction ensuite le Canada avec The Last Mile, et un retour vers des sonorités plus punk rock. Dès les premières notes, le groupe impressionne par la qualité de ses compositions : c’est accrocheur, maîtrisé, et terriblement efficace. Habitués des scènes du monde entier et forts de premières parties prestigieuses notamment pour Comeback Kid, leur présence sur un festival à taille humaine comme celui-ci a quelque chose de précieux. Après l’intensité du set précédent, l’ambiance évolue : les moshs laissent place à des mouvements plus fluides, à une énergie différente, presque plus douce mais tout aussi communicative. Sur scène, la chanteuse, seule femme de la journée, capte naturellement l’attention. Le groupe en profite pour dédier un morceau aux femmes présentes, rappelant l’importance de leur place dans la scène, au même titre que les hommes. Un message simple, mais essentiel. À la guitare, le musicien prend la parole dans un français teinté d’un charmant accent québécois et ses phrases légérement franglish, confiant sa joie de jouer sur une affiche aussi riche et variée, mais étonnamment cohérente. Un ressenti que l’on partage totalement. Porté par des valeurs d’amour et de partage, The Last Mile livre un set généreux et sincère. Leur musique rappelle que, même sans pouvoir changer le monde faute d’argent, il reste possible de transmettre du positif, de créer du lien et de défendre de belles convictions. Une véritable bouffée d’air frais, et surtout une superbe découverte. On ressort conquis.

Place ensuite à la tête d’affiche de la soirée : November, venus tout droit de Boulogne-sur-Mer. Avant même leur entrée sur scène, le ton est donné : un morceau des années 80 retentit et le public commence déjà à mosher. Pas de doute, la fosse est bouillante avant même le premier riff. Dès le lancement du set, l’engouement est immédiat. Les premiers rangs sont remplis de fans déterminés, prêts à s’emparer du micro pour hurler les paroles avec le groupe. L’ambiance est intense, portée par un public ultra investi qui transforme chaque morceau en moment collectif. Musicalement, November impressionnent par la maîtrise de leur set. La formation est solide, précise, et déroule des titres puissants qui rappellent sans mal des groupes comme Stick To Your Guns. Sur « In The Corner », dédié à toutes les personnes croisées sur leur route, l’émotion se mêle à la rage ambiante. Très vite, la barrière entre scène et public disparaît : la scène est envahie, les slams s’enchaînent. Mention spéciale à un des spectateurs, Felix, qui pousse le délire jusqu’à grimper sur un ampli pour se jeter dans la foule… elle-même montée sur scène. Un joyeux chaos, parfaitement dans l’esprit hardcore. Car c’est bien cela qui définit ce concert : une intensité totale, une énergie débordante et une communion permanente. Ça pogo, ça moshe, ça chante à plein poumon, mais surtout, ça sourit. Même lorsque les textes abordent des sujets sérieux, l’atmosphère reste profondément positive et fédératrice. Le set s’achève avec « The Bridge », ultime morceau dédié aux groupes, aux associations qui font vivre la scène, ainsi qu’à tous les punk rockers, hardcore kids et metalleux. Une conclusion en forme d’hommage collectif, avant que le groupe ne brandisse ses guitares arborant le message « Stop War ». Une fin puissante, à l’image de leur prestation.

Au final, cette cinquième édition du Zemofest est une véritable réussite. Une nouvelle fois, les organisateurs prouvent qu’avec de la passion, de l’envie et un vrai engagement, il est possible de proposer un événement de qualité, accessible à tous, et rappelons-le, entièrement gratuit. Amener la musique sur tout le territoire, faire vivre des scènes locales en dehors des grandes villes comme Lille, c’est essentiel, et ce festival en est la preuve vivante. D’année en année, on sent tout le cœur et l’énergie investis pour proposer un moment humain, sincère, capable de rassembler des publics variés autour d’une même passion. Et c’est exactement ce qui fait la force de ce rendez-vous. Alors plus que jamais, continuons de soutenir nos artistes locaux, d’encourager les associations qui font vivre la scène, d’aller aux concerts, de se bouger. Parce que cette scène, c’est la nôtre : elle doit rester vivante, engagée, nécessaire et surtout, pleine d’amour.


For its fifth edition, Coal Strike Booking, Zickasst’Heur and Bricks, in partnership with the Hazebrouck socio-educational centre, invited everyone to the Skate Park on 13 June for a day dedicated to music and skateboarding with the Zemofest. Following an indoor event in 2025, the festival returned to its outdoor venue, with no fewer than six bands on the bill: November, The Last Mile, Die With It, Third Impact, Nothing For Free and Tanguy The Virgin.

Review by Marye DAVENNE

Pictures by JB

The festivities kicked off at 4 pm with a ‘Cash For Tricks Skate’ event organised by Agony Skateboards and Salv. It was the perfect opportunity to attract lots of local youngsters and combine skating and music in a friendly atmosphere. The participants performed a series of tricks and attempts, cheered on by a sizeable crowd. A few metres away, the stage came to life as the first concerts got underway.

Tanguy The Virgin kick things off. The Hazebrouck-based band perform as a trio on this occasion: with their drummer Antoine absent, it is guitarist-singer Hugo who takes his place behind the drums, with the microphone within earshot. A photo of the drummer still takes pride of place on stage, as a nod to ensure he isn’t forgotten. Whilst this line-up means one less guitar, the energy remains undiminished. After a rather subdued opening, the band quickly turns up the volume: grungy riffs, mounting intensity and the first screams send the atmosphere into overdrive. Special mention goes to Louis on bass, who has fun playing the theremin with his foot, adding an original and offbeat touch. The joy of playing is obvious, even infectious, and the audience is swept up into this alternative world with punk influences. The final track, sung in French, rounds off the set with a fine rock intensity and a formidable final surge. A successful start and a great discovery to kick off the day.

Next up is Nothing For Free. The band from the north, hailing from Maubeuge, are back with their infectious energy, shortly after the release of their album Sailing Among The Lost Souls last May. True to their reputation, the quintet pulls out all the stops to create a unifying experience. With pirate-inspired influences, hints of the Wild West in certain riffs and a healthy dose of punk rock, the band creates a festive atmosphere that really hits the spot. The audience, still a little shy at first, is quickly encouraged by the singer to move closer to the stage and eventually gets swept up in the moment. On stage, the musicians banter just as much amongst themselves as they do with the audience, forging an immediate and genuine connection. It’s hard not to break into a broad smile in the face of such infectious energy: the ‘oh oh’ chants sung in unison bring everyone together in a shared momentum. Nothing For Free is that feeling of an afternoon spent with mates – simple and effective, yet incredibly enjoyable. And it works every time.

A radical change of atmosphere with Third Impact, who we catch up with just a few days after their gig at Le Couvent in Roubaix. This time, it’s all about in-your-face death metal – far more massive and decidedly less danceable than what the previous bands had to offer. The immersion is immediate: heavy sounds, sharp riffs and a darker atmosphere take hold without hesitation. This dark side is also reflected in their stage banter, as exemplified by this scathing declaration: “We love you with all our hearts, but in our hearts there’s blood… and I want to see it spill out. ’ A provocative touch that fits the band’s aesthetic perfectly. Facing them, the audience doesn’t take long to react: the side-to-side headbanging begins and the energy levels rise a notch. Special mention must go to the sound, which was significantly better than during their previous gig last month, allowing the full power of their set to be appreciated. Third Impact took the opportunity to reprise their covers of ‘Fatal Realm’ and ‘On Broken Wings’, which are as effective as ever live. A solid and promising set, confirming the band’s full potential.

Between the onslaught of Third Impact and the more punk-oriented sound of The Last Mile, it’s over to the Belgian band Die With It for a set that’s as intense as it is fleeting. Twelve minutes flat, not a second more, but more than enough to leave a lasting impression. There are no frills here: raw, direct hardcore, true to the formidable effectiveness of the Belgian scene. The band powers through without a moment’s pause, delivering their tracks with a sharp, punchy energy. Despite the short set, the crowd is fully engaged: some already know the lyrics well and aren’t shy about making themselves heard, proof that the band has already found its audience. The atmosphere builds quickly – tight, genuine, and unpretentious. It’s fast, intense, and inevitably a bit frustrating, as we’d have loved another dose. But sometimes, all it takes is a few well-delivered minutes to leave a lasting impression, and Die With It have got that spot on.

Next up is Canada with The Last Mile, marking a return to a more punk rock sound. From the very first notes, the band impresses with the quality of their songwriting: it’s catchy, polished and incredibly effective. As regulars on stages around the world and having supported prestigious acts such as Comeback Kid, their presence at an intimate festival like this one is something to be treasured. After the intensity of the previous set, the atmosphere shifts: the mosh pits give way to more fluid movements, a different kind of energy – almost gentler, yet just as infectious. On stage, the singer, the only woman of the day,  naturally captures everyone’s attention. The band takes the opportunity to dedicate a song to the women in the audience, highlighting the importance of their place in the scene, on a par with the men. A simple, yet essential message. On guitar, the musician speaks in French tinged with a charming Quebecois accent and his slightly Franglish phrases, expressing his joy at playing on such a rich and varied, yet surprisingly cohesive, line-up. A sentiment we wholeheartedly share. Driven by values of love and sharing, The Last Mile deliver a generous and sincere set. Their music reminds us that, even without the money to change the world, it’s still possible to spread positivity, forge connections and stand up for noble convictions. A real breath of fresh air, and above all, a superb discovery.

Next up was the evening’s headliner: November, straight from Boulogne-sur-Mer. Even before they took to the stage, the tone was set: an 80s track blared out and the crowd had already started moshing. There was no doubt about it, the pit was buzzing even before the first riff. As soon as the set kicked off, the excitement was immediate. The front rows are packed with determined fans, ready to grab the mic and belt out the lyrics alongside the band. The atmosphere is intense, fuelled by an incredibly engaged audience that turns every track into a collective experience. Musically, November impress with their command of the set. The band is tight, precise, and delivers powerful tracks that easily bring to mind bands like Stick To Your Guns. On ‘In The Corner’, dedicated to everyone they’ve met along the way, emotion mingles with the prevailing rage. Very quickly, the barrier between the stage and the audience disappears: the stage is overrun, and the mosh pits come thick and fast. Special mention goes to one of the audience members, Felix, who takes the madness to the next level by climbing onto an amp to throw himself into the crowd… who had themselves taken to the stage. A joyful chaos, perfectly in keeping with the hardcore spirit. For that is precisely what defines this gig: total intensity, boundless energy and a constant sense of togetherness. There’s pogoing, moshing and singing at the top of one’s lungs, but above all, there are smiles. Even when the lyrics tackle serious subjects, the atmosphere remains deeply positive and unifying. The set concludes with ‘The Bridge’, the final track dedicated to the bands and organisations that keep the scene alive, as well as to all the punk rockers, hardcore kids and metalheads. A conclusion that serves as a collective tribute, before the band raises their guitars bearing the message ‘Stop War’. A powerful finale, just like their performance.

All in all, this fifth edition of Zemofest has been a resounding success. Once again, the organisers have shown that with passion, enthusiasm and genuine commitment, it is possible to put on a high-quality event that is accessible to all – and, let’s not forget, entirely free of charge. Bringing music to every corner of the region and breathing life into local music scenes outside major cities such as Lille is essential, and this festival is living proof of that. Year after year, you can feel all the heart and energy invested in creating a warm, genuine experience, capable of bringing together diverse audiences around a shared passion. And that is exactly what makes this event so special. So now more than ever, let’s continue to support our local artists, encourage the organisations that keep the scene alive, go to concerts, and get out and about. Because this scene is ours: it must remain vibrant, committed, essential and, above all, full of love.

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