Période estivale ou non, Roaring Tubes continue de nous régaler avec sa programmation ! Le 21 juillet, alors que nos voisins belges célébraient leur fête nationale, nous nous rendions à la Bulle Café pour assister à la prestation de Mephistofeles, groupe de Doom / Stoner Argention. Pour ouvrir le bal, les parisiennes de Margarita nous présentaient leur doom profond. Preuve de la qualité de l’affiche et de la confiance du public envers l’association désormais très repérée : la salle affichait sold out en plein mois de juillet !
Report par Mégane Canis
Photos par Victor Brunerie
English version below
Le public étant arrivé en temps et en heure, le concert de Margarita démarre quasiment à l’heure prévue. Le trio féminin vient rapidement faire plonge la salle dans les abysses d’un doom profond. Le tempo est particulièrement lent, et les sonorités se font très graves et lourdes. La basse de Julie A. est en première ligne pour apporter ces vibrations profondes. Karen (chant, guitare) vient poser une voix qui peut parfois se révéler dans des cris, accompagnés d’une reverb qui participe à l’ambiance des titres. Par moment, elle se fait plus grave, avec un côté caverneux qui colle parfaitement à l’atmosphère. Les choeurs de Julie A. s’y mêlent par moments, apportant encore plus de profondeur. On a le sentiment d’être amenés de plus en plus loin et d’être totalement enveloppés par une sorte de noirceur. Les longs passages instrumentaux jouent avec les rythmes et les tempos, emmenés par la batterie de Julie P. La salle est pleine à craquer, et on se sent à la fois ensemble et à la fois chacun dans sa torpeur au sein de La Bulle qui commence à chauffer sérieusement. On sent les vibrations dans nos os tout au long du set, et pas juste à certains moments comme c’est généralement le cas. On se sent happés, envoutés. Alors que le set avance, on découvre un facette plus calme et mélodique de Margarita, sur laquelle se pose toujours ces cris qui font partie de l’identité des compositions, et créent un contraste intéressant. Cette entrée en matière nous ravit, et a clairement séduit les amateurs de doom lourd et sans fioriture !
On continue la soirée avec Mephistofeles. Le changement de plateau est rapide et nous sommes presque surpris par le début de la prestation, alors que nous profitions de la cour très agréable de La Bulle Café. Tout le monde rentre en à peine une minute et la salle se retrouve blindée, aussi bien devant que sur le côté de la scène. Nous avions pu voir l’étendu de leurs visuels provocateurs sur leur merch, entre pornographie et film d’horreur old school. Sur scène, il n’en est rien. On part d’emblée sur un côté plus heavy blues, avec une base de doom. Puis très vite, les riffs se font plus psychédéliques, amenant une ambiance assez dynamique. Gabriel Ravera (chant, guitare), arbore un magnifique pattes d’éph qui colle à l’atmosphère de la formation. Ce côté rétro s’entend tout à fait dans leurs compositions. Dans le public, les têtes, puis les corps s’agitent au gré des solos de guitare. Ceux-ci prennent de plus en plus d’ampleur et nous emmène dans un voyage interstellaire. Certains passages se font également plus lourds, et, dans ces moments, on pense évidemment à Black Sabbath comme inspiration. Et tandis que la chaleur monte de plus en plus dans la pièce, les musiciens paraissent infatigables et bougent sans cesse ! Côté fosse, on plane, on danse, on se laisse embarquer et rythmer par les riches compositions de la formation. La partie rythmique, assurée par Ivan Sachar à la batterie et Ismael Dimenza à la basse, semble suivre cette guitare qui est au centre de beaucoup de titres. Certains passages se muent même dans un esprit bluesy peu attendu mais agréable. Le set est un véritable succès et Mephistofeles nous fait passer un moment délicieux, qui nous fait oublier le monde extérieur le temps d’une prestation. Située quelque part à la croisée des chemins entre le doom et le stoner psychédélique, parfois désertique, la formation semble également faire fi des considérations temporelles, et rend un son aussi moderne que old school.
Que dire pour conclure cette soirée si ce n’est que Roaring Tubes nous a encore régalés avec une excellente affiche? Nous avons ici assisté à deux sets et deux ambiances différentes, qui se rejoignent pourtant. Mephistofeles et Margarita nous ont chacun emmené dans leur propre univers, pour notre plus grand plaisir !
Un grand merci à Antoine pour les accréditations, à Roaring Tubes pour l’organisation de cette belle soirée et à toute l’équipe de La Bulle Café pour l’accueil.
Summer or not, Roaring Tubes continues to treat us to a fantastic line-up! On July 21st, whilst our Belgian neighbours were celebrating their national day, we headed to La Bulle Café to catch a performance by Mephistofeles, an Argentine doom/stoner band. Kicking things off were Margarita from Paris, who treated us to their deep, dark doom. A testament to the quality of the line-up and the public’s trust in this now well-established organisation: the venue was sold out in the middle of July!
Review by Mégane Canis
Pictures by Victor Brunerie
With the audience having arrived on time, Margarita’s concert gets underway almost exactly as scheduled. The all-female trio quickly plunges the venue into the depths of profound doom. The tempo is particularly slow, and the sounds are very deep and heavy. Julie A.’s bass takes centre stage in delivering these deep vibrations. Karen (vocals, guitar) adds a voice that at times breaks into screams, accompanied by reverb that contributes to the atmosphere of the tracks. At times, her voice becomes deeper, with a cavernous quality that fits the atmosphere perfectly. Julie A.’s backing vocals blend in at times, adding even more depth. You get the feeling of being drawn further and further in, completely enveloped by a kind of darkness. The long instrumental passages play with rhythms and tempos, driven by Julie P.’s drums. The venue is packed to the rafters, and you feel both together and yet each lost in your own daze within La Bulle, which is starting to heat up properly. We can feel the vibrations in our bones throughout the set, not just at certain moments as is usually the case. We feel swept away, spellbound. As the set progresses, we discover a calmer, more melodic side to Margarita, over which those screams, which are part of the compositions’ identity, still linger, creating an interesting contrast. We were absolutely thrilled by this opening act, and it clearly won over fans of heavy, no-frills doom!
We carried on the evening with Mephistofeles. The stage changeover was quick, and we were almost taken by surprise by the start of the set, just as we were enjoying the lovely courtyard at La Bulle Café. Everyone filed in within barely a minute and the venue was packed to the rafters, both in front of and to the sides of the stage. We’d already seen the range of their provocative visuals on their merch, somewhere between pornography and old-school horror films. On stage, however, it’s a different story. They kick off straight away with a heavier blues sound, underpinned by doom. Then, very quickly, the riffs take on a more psychedelic edge, creating a rather dynamic atmosphere. Gabriel Ravera (vocals, guitar) sports a magnificent pair of bell-bottoms that perfectly suits the band’s vibe. This retro feel comes through clearly in their compositions. In the audience, heads, then bodies, start bobbing to the rhythm of the guitar solos. These grow in intensity, taking us on an interstellar journey. Some passages also become heavier, and at these moments, Black Sabbath naturally springs to mind as an inspiration. And whilst the heat in the room keeps rising, the musicians seem tireless and are constantly on the move! Down in the pit, we’re floating, dancing, letting ourselves be swept away and carried by the band’s rich compositions. The rhythm section, comprising Ivan Sachar on drums and Ismael Dimenza on bass, seems to follow the guitar, which takes centre stage on many of the tracks. Some passages even take on an unexpected yet pleasant bluesy feel. The set is a resounding success and Mephistofeles treat us to a delightful experience, allowing us to forget the outside world for the duration of their performance. Situated somewhere at the crossroads between doom and psychedelic stoner, at times with a desolate feel, the band also seem to defy the constraints of time, delivering a sound that is as modern as it is old-school.
What else can we say to round off this evening, other than that Roaring Tubes has once again treated us to an excellent line-up? We’ve witnessed two sets and two different atmospheres here, which nevertheless complement each other. Mephistofeles and Margarita have each taken us into their own worlds, much to our delight!











