Quatre ans après How Do You Burn? les américains de The Afghan Whigs reviennent sur le devant de la scène avec leur dixième album Soft Control, via Royal Cream/BMG. Depuis 1988, le quintette n’a plus rien à prouver et ne cesse néanmoins de toujours nous étonner.
par Justine
English version below
Ce nouvel effort a été enregistré entre Joshua Tree, La Nouvelle-Orléans, East Hollywood et Cincinnati. C’est dire s’ils ont voyagé pour nous offrir cette petite pépite. Soft Control devait compter pas moins de 22 titres. Au final, seuls 10 ont été gardés pour un album d’une durée totale de 37 minutes, le groupe ayant préféré privilégier la cohérence à l’abondance.
La voix de Greg Dulli n’a jamais été si sincère et maîtrisée. Leur musique n’a jamais été si soul et rock à la fois comme l’attestent les titres Jungle Roux ou encore Memphis, Texas. Cette dernière monte progressivement en intensité et rappelle la force et le caractère du Boss, Bruce Springsteen.
Ils ne renient clairement pas d’où ils viennent, mais pour autant, ce nouveau disque sonne comme celui de la maturité absolue et est une belle preuve que vieillir est un beau privilège. House of I en est le parfait exemple. La sonorité de ce qu’ils faisaient au début de leur carrière est bien présente, batterie percutante, guitare tumultueuse… mais avec cette force et ce charisme en plus. Du grand Afghan Whigs. Il en va de même avec le titre 77. L’héritage des années 90 est toujours là. C’est grungy, éraillé, profond.
Le groupe sait également toujours aussi bien écrire des balades. Avec The Deepest Part of The Darkest Shadow, ils nous prennent aux tripes. Ce piano pour débuter, avant que le reste du groupe ne rejoigne l’ensemble, est divin. Les cuivres qui sont ajoutés donnent une dimensions encore plus puissante. Le talent de Dulli pour nous donner la chair de poule est intact (comme avec Faded – Demo issue de leur album Black Love – 20th Anniversary Edition, par exemple).
Mariah Luster a également une section cuivre et est une chanson parfaite à écouter à la tombée de la nuit tant sa rythmique est apaisante (et toujours la voix impeccable de Greg).
Avec Duvateen, Dulli parle de son passé et semble enfin en paix avec lui-même. Le groupe nous fait ressentir toutes ces émotions musicalement, ce qui en fait un des titres les plus beaux et surprenants de l’album.
Depuis quarante ans, The Afghan Whigs nous livre des albums puissants et singuliers. Soft Control est une ode à la vie, tant par ses côtés doux à célébrer que ses parties plus sombres. Un petit bijou à écouter pour se mettre du baume au cœur.

Tracklist :
01 : Jungle Roux
02 : House of I
03 : Duvateen
04 : My Lover
05 : The Deepest Part of The Darkest Shadow
06 : Mariah Luster
07 : Memphis, Texas
08 : 77
09 : Loose Talk
10 : A Simulation
Four years on from How Do You Burn?, American band The Afghan Whigs are back in the spotlight with their tenth album, Soft Control, released via Royal Cream/BMG. Since 1988, the quintet have had nothing left to prove, yet they never cease to surprise us.
by Justine
This new album was recorded in Joshua Tree, New Orleans, East Hollywood and Cincinnati. That’s how far they’ve travelled to bring us this little gem. Soft Control was originally set to feature no fewer than 22 tracks. In the end, only 10 were kept for an album with a total running time of 37 minutes, as the band chose to prioritise coherence over quantity.
Greg Dulli’s vocals have never sounded so sincere and masterful. Their music has never been so much a blend of soul and rock, as evidenced by tracks such as ‘Jungle Roux’ and ‘Memphis, Texas’. The latter gradually builds in intensity and evokes the power and character of ‘The Boss’, Bruce Springsteen.
They clearly do not deny their roots, yet this new album sounds like the work of absolute maturity and is fine proof that growing older is a wonderful privilege. ‘House of I’ is the perfect example of this. The sound of their early career is very much present – punchy drums, raucous guitar… but with that extra bit of power and charisma. Classic Afghan Whigs. The same goes for the track ‘77’. The legacy of the 90s is still very much there. It’s grungy, raw and deep.
The band are still just as good at writing ballads as ever. With ‘The Deepest Part of The Darkest Shadow’, they really tug at our heartstrings. That opening piano, before the rest of the band joins in, is divine. The brass section that’s added gives it an even more powerful dimension. Dulli’s talent for giving us goosebumps remains undiminished (as with ‘Faded’, a demo from their album Black Love, 20th Anniversary Edition, for example).
‘Mariah Luster’ also features a brass section and is the perfect song to listen to at dusk, such is the soothing nature of its rhythm (and, as always, Greg’s impeccable vocals).
In ‘Duvateen’, Dulli reflects on his past and seems finally at peace with himself. The band conveys all these emotions through their music, making it one of the album’s most beautiful and surprising tracks.
For forty years, The Afghan Whigs have been delivering powerful and unique albums. *Soft Control* is an ode to life, embracing both its gentle, celebratory moments and its darker sides. A little gem to listen to that will soothe the soul.