Frontierer, groupe incontournable de la scène mathcore nous revient en ce vendredi 23 octobre avec leur cinquième album : Ultraviolet Parasite via Blood Blast Distribution. On attendait ça depuis Oxidized sorti en 2021. Mais croyez moi, l’attente en valait la chandelle.
par Justine
English version below
Parlons tout d’abord de cet artwork d’album. Michell Gillies a fait un taf incroyable. Le choix des teintes grises et violettes (histoire de matcher parfaitement avec le nom de l’album), les textures utilisées, les effets craquelés et un peu floutés annoncent que l’album sera électrique au possible. C’est beau et terrifiant à la fois. Ce qui rejoint également les thèmes abordés dans l’album : l’aliénation numérique, la destruction psychologique et la reconstruction de soi dans un environnement hostile. Ils sont forts. Très forts.
ls nous avaient déjà teasés avec la sortie de trois singles : « Ultraviolet Parasite », qui fait une intro d’album exceptionnelle avec les riffs fous de Pedram Valiani et Dan Stevenson. L’énorme banger « Wool Glasses » avec ses riffs très Messhuguesques et ses ruptures de tempo imprévisibles ; sans oublier « Our Mainframe Earache » quant à elle un peu plus groovy, avec ses lignes de guitares plus sinueuses et ses nombreux slides. Ces singles annonçaient donc des sonorités et textures hyper électroniques, des accordages plus graves donnant un son beaucoup plus gras et massif. Le tout, toujours cumulé au scream hyper viscéral de Chad Kappers. On savait donc qu’on se ferait rouler dessus, mais pas à ce point.
Frontierer est un groupe qui joue sur la complexité et les rythmiques complètement outrageuses. Polyrythmie pesante, stridulations de guitares,, lignes de basse rugueuses et saturées, batterie mitrailleuse. C’est un véritable chaos ambiant et sonore, réalisé de mains de maitres et d’une précision sans précédent.
« Digesting the Canal Burial » est stridente, presque urgente. La batterie gérée à la perfection par Luke Coursey est massive. L’atmosphère de la track est morbide à souhait. Au même titre que « Complacency Gown » ou les patterns de drums nous explosent littéralement au visage. « Dystopian Fjord » est un bijou mêlant toute la frénésie du groupe et leurs expérimentations plus électroniques. Les lignes de basse de Iain Macleod sont terriblement percutantes et apportent ces petites touches djent au groupe. Avec « Monotone Canteen » ils jouent vite, fort, et les changements de tempo rendent littéralement fous. Ils maîtrisent la dissonance à la perfection. Les glitchs numériques y sont utilisés à foison et la transition avec « Our Mainframe Earache » est absolument merveilleuse.
« Emergering Claustrophobic » est un des titres qui illustre le mieux l’arrivée des éléments électroniques +++. Calme et hypnotique aux premiers abords, puis chaotique et assourdissante. « Ions & Oxygen Rockets » commence elle aussi de manière électronique avant de sombrer dans une folie furieuse. Et quel plaisir de retrouver Tony Wolski qui officie chez The Armed, pour accompagner Chad au chant. « The Iodine Bath » est dans cette même veine. Un début électronique angoissant et sombre avant de tomber dans une ambiance assourdissante, lourde, crasse. Le tempo ici est clairement réduis, ce qui permet de respirer un peu mais l’ambiance globale reste tout de même très pesante. Dans ce nouvel opus, cette track ferait (peut-être) une belle entrée en matière pour les non initiés qui veulent se jeter dans le monde fou du genre et comprendre en « douceur » le groupe.
L’album se termine aussi bien qu’il commence. « Terraforming Myself » est clairement une track ovni et une outro digne de ce nom. Plus « douce », elle permet de reprendre son souffle. Prenante à souhait avec sa rythmique lente, sombre et atmosphérique, qui rappellerait presque certaines tracks de Cult Of Luna sur la première minute (ouvrez vos chakras). Puis le retour du scream de Chad histoire de nous arracher le cœur. C’est une véritable Masterpiece.
On ne va pas se mentir : si vous n’avez pas l’habitude de ce genre musical, cet album sera clairement inaudible. Pour les amoureux.ses de la violence musicale pure et chirurgicale, vous serez servi. Le quintette a poussé la barre très (très) haute avec cet Ultraviolet Parasite et nous retourne plus que jamais le cerveau. On a hâte de voir ce que donnent ces nouveaux titres en live.

Tracklist:
01. Ultraviolet Parasite
02. Picturesque
03. Wool Glasses
04. Emerging Claustrophobic
05. Precursor Sequel
06. Digesting The Canal Burial
07. Ions & Oxygen Rockets
08. Retrograde F
09. The Iodine Bath
10. Complacency Gown
11. Dystopian Fjord
12. Monotone Canteen
13. Our Mainframe Earache
14. Terraforming Myself
Frontierer, a key band on the mathcore scene, are back this Friday, October 23rd, with their fifth album: Ultraviolet Parasite, via Blood Blast Distribution. We’ve been waiting for this ever since Oxidized came out in 2021. But believe me, it was well worth the wait.
by Justine
Let’s start by talking about the album artwork. Michell Gillies has done an incredible job. The choice of grey and purple tones (to match the album title perfectly), the textures used, and the cracked and slightly blurred effects all suggest that the album will be as electrifying as can be. It’s both beautiful and terrifying. This also ties in with the themes explored on the album: digital alienation, psychological destruction and the reconstruction of the self in a hostile environment. They’re powerful. Very powerful.
They’d already teased us with the release of three singles: “Ultraviolet Parasite”, which makes for an exceptional album opener with its wild riffs from Pedram Valiani and Dan Stevenson. The massive banger “Wool Glasses” with its very Meshuggah-esque riffs and unpredictable tempo changes; not to mention “Our Mainframe Earache”, which is a bit groovier, with its more sinuous guitar lines and numerous slides. These singles therefore hinted at hyper-electronic sounds and textures, with lower tunings giving a much fatter and more massive sound. All of this, as ever, combined with Chad Kappers’ intensely visceral screams. So we knew we’d be blown away, but not to this extent.
Frontierer are a band that play with complexity and utterly outrageous rhythms. Heavy polyrhythms, screeching guitars, rough and distorted bass lines, machine-gun drumming. It’s a veritable chaos of atmosphere and sound, crafted by masters with unprecedented precision.
‘Digesting the Canal Burial’ is strident, almost urgent. Luke Coursey’s drumming is flawlessly executed and massive. The track’s atmosphere is perfectly morbid. Just like ‘Complacency Gown’, where the drum patterns literally blow us away. ‘Dystopian Fjord’ is a gem that blends all the band’s frenzy with their more electronic experiments. Iain Macleod’s bass lines are incredibly punchy and add those little djent touches to the band’s sound. On ‘Monotone Canteen’, they play fast and loud, and the tempo changes drive you absolutely mad. They have dissonance down to a fine art. Digital glitches are used in abundance here, and the transition into ‘Our Mainframe Earache’ is absolutely marvellous.
‘Emerging Claustrophobic’ is one of the tracks that best illustrates the arrival of electronic elements +++. Calm and hypnotic at first, then chaotic and deafening. ‘Ions & Oxygen Rockets’ also begins with an electronic sound before descending into frenzied madness. And what a pleasure it is to welcome back Tony Wolski, who plays with The Armed, to accompany Chad on vocals. ‘The Iodine Bath’ is in the same vein. A dark and unsettling electronic opening before plunging into a deafening, heavy, gritty atmosphere. The tempo here is clearly slowed down, allowing you to catch your breath a little, but the overall atmosphere remains very oppressive nonetheless. On this new album, this track would (perhaps) make a fine introduction for newcomers keen to plunge into the mad world of the genre and get to know the band at a “gentle” pace.
The album ends as well as it begins. “Terraforming Myself” is clearly an out-of-this-world track and a proper outro. More “mellow”, it gives you a chance to catch your breath. Captivating in the best possible way with its slow, dark and atmospheric rhythm, which almost brings to mind certain tracks by Cult Of Luna in the first minute (open your chakras). Then Chad’s screams return, just to tear our hearts out. It’s a true masterpiece.
Let’s be honest: if you’re not used to this genre of music, this album will be completely unlistenable. For lovers of pure, surgical musical violence, you’re in for a treat. The quintet have set the bar very (very) high with this Ultraviolet Parasite and are blowing our minds more than ever. We can’t wait to see how these new tracks sound live.
A lire aussi /Also to be read :
